Les musulmans jeûneront bientôt deux fois dans l'année, le calendrier du ramadan change
Le ramadan constitue l'un des cinq piliers fondamentaux de l'Islam, aux côtés de la profession de foi, de la prière, de l'aumône et du pèlerinage à La Mecque. Pour les quelque cinq millions de pratiquants en France, ce mois est une invitation à l'ascèse, à l'introspection et à l'approfondissement de la foi. En 2026, cette période de jeûne devrait débuter le 19 février, selon les observations du Conseil français du culte musulman et les calculs astronomiques. Mais la Grande Mosquée de Paris le confirmera lors de la nuit du doute le 17 février.
Le décalage annuel des dates du ramadan s'explique par la nature même du calendrier hégirien. Contrairement au calendrier grégorien, qui est solaire, le calendrier musulman est strictement lunaire. Une année hégirienne se compose de douze mois de 29 ou 30 jours, totalisant environ 354 ou 355 jours. Cette différence d'une dizaine de jours par rapport au cycle solaire explique pourquoi le mois sacré avance chaque année sur notre calendrier civil.
À titre de comparaison, le ramadan avait débuté le 28 février en 2025. En 2026, il commence donc environ dix jours plus tôt. Ce glissement constant entraîne une curiosité mathématique : la possibilité de vivre deux mois de ramadan au cours d'une seule année civile grégorienne. Ce phénomène, loin d'être une anomalie, est le résultat direct de la rotation des cycles.
Le calendrier nous réserve ainsi une configuration rare pour l'année 2030. Le premier ramadan de cette année-là débutera aux alentours du 5 janvier. En raison de la brièveté de l'année lunaire, le mois sacré suivant commencera en toute fin d'année, vers le 26 décembre 2030. Ce scénario singulier s'était déjà produit en 1997 et ne devrait pas se renouveler avant 2063.
Cette variation calendaire influence considérablement le quotidien des fidèles. Jeûner en hiver, comme ce sera le cas en 2026 et de manière plus marquée en 2030, est souvent considéré comme physiquement plus supportable. En cette saison, les journées sont plus courtes et le soleil se couche tôt, permettant de rompre le jeûne vers 17 heures. À l'opposé, lors des cycles estivaux, les journées peuvent s'étirer jusqu'à 22 heures, rendant l'effort beaucoup plus intense.
Pour l'édition 2026, le jeûne se déroule durant la transition entre la fin de l'hiver et le début du printemps. Cette période offre un équilibre agréable, évitant les grandes chaleurs tout en bénéficiant d'une luminosité croissante. Ce décalage saisonnier rappelle aux croyants que la pratique religieuse s'inscrit dans un temps cyclique, où chaque saison apporte une nuance différente à l'expérience de la patience et de la spiritualité.