Emmanuel Macron : ses ministres de Sarnez et Ferrand sur la sellette

MACRON - Après Richard Ferrand, c'est au tour de Marielle de Sarnez d'être dans la tourmente médiatique. Elle est impliquée dans une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d'eurodéputés.

L'essentiel - Le Président Emmanuel Macron souhaitait un gouvernement "irréprochable". Un desiderata en passe d'être mis à mal ? La probité de deux de ses ministres, Richard Ferrand (Cohésion territoriale) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes), est remise en cause par les révélations successives du Canard Enchaîné et du Parisien.

  • Le chef de l'Etat et son gouvernement doivent affronter les premières polémiques du quinquennat. Le bras droit d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle et désormais ministre de la Cohésion territoriale Richard Ferrand voit depuis mercredi 24 mai sa probité mise en doute suite à la parution d'un article du Canard Enchaîné révélant un montage immobilier qui aurait profité à sa femme, et l'embauche de son fils en tant qu'assistant parlementaire. Selon les révélations du Parisien mardi 30 mai, une enquête préliminaire ouverte le 22 mars pour abus de confiance vise 19 eurodéputés français dénoncés à la justice par le Front national, parmi lesquels Marielle de Sarnez, actuelle ministre chargée des Affaires européennes. Des soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d'eurodéputés pèse sur elle. Les campagnes pour les législatives des deux ministres sont fortement perturbées par ces révélations, et leur poste respectif sont menacés. 
  • Emmanuel Macron a lancé les deux premières réformes phares de son quinquennat : la refonte du code du travail et la moralisation de la vie publique. Deux chantiers utra-sensibles et potentiellement explosifs, qui font débat.
  • La campagne pour les élections législatives des 11 et 18 juin prochains bat son plein. Le Président Emmanuel Macron semble en bonne voie pour obtenir une majorité à l'Assemblée nationale, qui, pour la première fois de l'Histoire de la cinquième République, ne lui ai pas acquise d'avance.
  • Le chef de l'Etat a reçu lundi 29 mai le Président russe Vladimir Poutine à Versailles afin de tenter de rétablir une meilleure relation diplomatique avec le maître du Kremlin. Comment s'en est-il sorti ? Les analyses. 

15:16 - Justice : "Si de Sarnez était convoquée, elle s'y rendrait, c'est la vraie différence avec le FN"

"Si Marielle de Sarnez était convoquée, elle s'y rendrait, c'est la vraie différence avec le FN", a déclaré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner pour défendre la ministre des Affaires européennes. La présidente du Front National Marine Le Pen, visée par une enquête similaire, ne s'est pas rendue à une convocation des juges.

15:12 - Florian Philippot (FN) : le ministre Richard Ferrand est "un sacré boulet" pour Emmanuel Macron

"Si ce gouvernement veut encore avoir la moindre crédibilité pour porter un projet de moralisation de la vie publique, il ferait mieux de démissionner monsieur Ferrand qui est un sacré boulet", a estimé, sur Europe 1, le vice-président du FN Florian Philippot.

15:02 - Le Premier ministre sera au 20H de France 2 ce soir : des explications sur De Sarnez et Ferrand à venir ?

Le Premier ministre d'Emmanuel Macron Edouard Philippe sera au journal de 20 heures ce soir mardi 30 mai sur France 2. Il sera sans doute interrogé sur les cas de ses deux ministres Richard Ferrand (Cohésion des territoires) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes), dont l'avenir est menacé par les révélations successives du Canard Enchaîné et du Parisien. Edouard Philippe promet en tout cas de "faire le point sur les premiers jours de notre gouvernement". 

14:51 - Valérie Debord (LR) se moque d'Emmanuel Macron à propos de sa ministre Marielle de Sarnez

Sur Twitter, Valérie Debord, vice-présidente LR de la région Grand Est, ironise, à propos de l'affaire qui touche la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez : "heureusement que le président a pris 24 heures supplémentaires pour s'assurer de la moralité des ministres". Le Président et son Premier ministre Édouard Philippe avait en effet annoncé la composition du nouveau gouvernement avec un jour de retard. Le 16 mai dernier, le député Christophe Castaner, à l'époque simple porte-parole de la République En Marche (LREM), était revenu sur le report de la composition du gouvernement de 24 heures en expliquant que "Macron a voulu anticiper pour éviter les mauvaises surprises". Raté, apparemment.

14:41 - François Baroin (LR) : "c'est de l'intérêt de Monsieur Ferrand qu'il y ait une enquête"

Le chef de file LR des élections législatives a démenti tout "esprit de vengeance" des Républicains concernant le cas du ministre de la Cohésion du territoire Richard Ferrand, de plus en plus souvent comparé à "l'affaire Fillon", qui a fait perdre l'élection présidentielle à leur champion désigné par la primaire de la droite. "Je suis très attaché à la présomption d'innocence. Les élections doivent être les élections de la clarté. C'est de l'intérêt de Monsieur Ferrand qu'il y ait une enquête", a-t-il estimé, faisant également référence au cas de la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez.

14:34 - Daniel Cohn-Bendit : "le mieux c'est que Ferrand démissionne et tente sa chance en tant que député"

Pour l'écologiste Daniel Cohn-Bendit, qui a soutenu le Président Macron tout au long de la campagne présidentielle, il vaudrait mieux que le ministre de la Cohésion du territoire Richard Ferrand démissionne. Il explique ainsi dans le journal Libération que "vu l'ampleur de ce que veut faire Macron, il serait préférable que Ferrand le protège" en démissionnant "en tant que ministre et qu'il tente sa chance en tant que député". Mais même dans ce cas, rien n'est gagné pour Richard Ferrand. Fort de sa nouvelle notoriété obtenue pendant la campagne présidentielle, le nouveau ministre de la Cohésion des Territoires abordait les législatives avec la casquette de grandissime favori à sa propre succession dans la 6e circonscription du Finistère (Châteaulin-Carhaix). Mais depuis les révélations du Canard Enchaîné sur une opération immobilière concernant sa compagne et sur l’emploi de son fils comme attaché parlementaire, sa campagne pour les élections législatives, qui l'oppose notamment au maire de Carhaix Christian Troadec et à la candidate des Républicains Gaëlle Nicolas, s'avère beaucoup plus difficile que prévu.

14:24 - Pour Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, il n'y a pas "d'affaire Ferrand" mais un "débat"

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner défend le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand en adoptant la même ligne que le Premier ministre Edouard Philippe juste avant le pont de l'Ascension. "Pour moi, ce n'est pas une affaire. Mais il y a un débat qui est posé sur la question de l'éthique. Mais rappelons quand même que ce sont des faits à un moment où Richard Ferrand n'était pas en politique, il n'était ni ministre, ni député", a-t-il dénoncé aujourd'hui sur LCI.

14:17 - Droite et Gauche haussent le ton contre le ministre de Macron Richard Ferrand en exigeant sa démission

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du Parti socialiste, a estimé que le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, un proche d'Emmanuel Macron devait "évidemment" démissionner, tout comme la présidente du Front National Marine Le Pen. Le patron des députés LR, Christian Jacob, a lui aussi pressé le chef de l’Etat de "faire le ménage dans son gouvernement", afin de "démontrer" que le premier texte gouvernemental en préparation, qui porte sur la moralisation de la vie publique, n’est "pas un marché de dupes". Richard Ferrand a été épinglé par le Canard Enchaîné pour une affaire immobilière impliquant sa compagne et l’emploi de son fils comme attaché parlementaire en 2014
 

14:10 - Réforme du code du travail : Philippe Martinez (CGT) demande du temps à Macron pour négocier

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a demandé une nouvelle fois au gouvernement de ne pas se précipiter pour lancer la réforme du code du travail que le Président Emmanuel Macron souhaite voir aboutir dès cet été. "Il faut prendre le temps de négocier. Une concertation, ce n'est pas suffisant, a affirmé le leader de la CGT. Il faut négocier, sinon c'est du monologue : M. Macron a décidé que ce serait comme ci et comme ça et il n'y a même pas besoin de syndicats dans ce cas-là." Des discussions entre le Premier ministre, la ministre du Travail et les syndicats se sont déroulées ce matin à Matignon sur la réforme du code du travail.

12:46 - Selon Le Monde, le ministre de Macron Richard Ferrand mêle depuis vingt ans vie publique et affaires privées

Le Monde publie une longue enquête sur le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand (voir ici). Selon le quotidien, Richard Ferrand mêle depuis vingt ans vie publique et affaires privées. Plusieurs de ses proches, dont son ex-femme et sa compagne, en ont bénéficié, souligne le journal.

12:39 - Sophie Montel (FN) se justifie d'avoir dénoncé à la justice la ministre de Macron Marielle de Sarnez (VIDÉO)

L'eurodéputée FN Sophie Montel, qui accuse 19 eurodéputés, dont la ministre d'Emmanuel Macron Marielle de Sarnez, d'avoir employé un assistant parlementaire ayant des fonctions au sein de leur formation politique, se justifie sur BFMTV. "Nous avons voulu dénoncer le deux poids, deux mesures", a-t-elle assuré, dénonçant un traitement différent de ces affaires d'assistants parlementaires à l'encontre du "Front national et de ministres de Monsieur Macron". Une enquête similaire vise en effet déjà des eurodéputés FN, dont Marine Le Pen, accusés par le Parlement européen d’avoir versé frauduleusement des salaires d’un montant de près de cinq millions d’euros à des assistants parlementaires entre 2012 et 2017. 

12:26 - Mélenchon dénonce "l'obsession de Monsieur Macron" qui est de "s'en prendre au Code du travail"

"L'obsession de Monsieur Macron est de s'en prendre au Code du travail. Nous allons vers un choc social d'une violence extrême." Le leader de La France Insoumise, candidat aux législatives dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône à Marseilles, s'est attaqué au Président Emmanuel Macron et à sa réforme du code du travail ce matin en conférence de presse. Selon l'ancien candidat à la présidentielle, le chef de l'Etat est "le Président des riches. Il prépare une grande fête pour l'oligarchie et c'est nous qui allons la payer". Les discussions se poursuivent encore aujourd'hui à Matignon avec les partenaires sociaux sur la réforme du code du travail, un des deux chantiers prioritaires d'Emmanuel Macron, qui a laissé pour le moment la main à son Premier ministre et à la ministre du travail.

12:22 - Marielle de Sarnez saisi le Procureur de la République d'une plainte pour "dénonciation calomnieuse"

La ministre des Affaires européenne du gouvernement Macron Marielle de Sarnez a annoncé sur Twitter avoir saisi le Procureur de la République d'une plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre la frontiste Sophie Montel, à l'origine de l'enquête préliminaire ouverte à son encontre.

12:15 - Le porte-parole du gouvernement Macron Christophe Castaner défend la ministre Marielle de Sarnez

"Il faut lever tout doute sur cette dénonciation, dont je suis convaincu qu'elle est calomnieuse." C'est ce qu'a déclaré sur LCI ce matin le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner au sujet de l'enquête préliminaire sur des soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d'eurodéputés, dont une ex-collaboratrice de la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez.

12:10 - Pierre Laurent (PCF) juge "préférable" que le ministre de Macron Richard Ferrand quitte ses fonctions

Invité de "8h30 Apathie" sur France Info ce matin, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a jugé "préférable" que Richard Ferrand quitte ses fonctions de ministre de la Cohésion des territoires, après les révélations du Canard enchaîné sur l'avantage dont aurait bénéficié sa compagne lors d'une transaction immobilière en 2011.

Ce qu'il faut savoir sur Emmanuel Macron - Aux yeux du monde, et pour une grande partie des Français, Emmanuel Macron incarne sans conteste une forme de renouveau et de modernité. Mais renouveau ne signifie pas forcément rupture politique. En réalité, Emmanuel Macron est un social-démocrate, qui se revendique "réformiste" et "progressiste". Sa première chapelle politique est celle de la gauche dite "de gouvernement", celle qui a fait le choix de se tourner vers le social-libéralisme ces dernières années. Emmanuel Macron poursuit donc le chemin qu'avaient parcouru François Hollande et Manuel Valls, et va plus loin, rompant avec l'héritage du PS pour s'adresser aux centristes et au centre-droit. Son ambition : se départir des réflexes économiques trop ancrés à droite ou à gauche sur la plupart des sujets. Son leitmotiv : le pragmatisme, sur les questions économiques, en matière sociale, sur les questions de la laïcité ou encore de l'Europe.

Programme d'Emmanuel Macron

Le nouveau président s'est fixé quelques priorités pour son quinquennat : l'éducation, l'emploi, la lutte contre le terrorisme et l'Europe. Il a aussi établi une feuille de route pour les premiers mois de son quinquennat : d'ici l'été, il entend faire voter une grande loi de moralisation de la vie publique, entreprendre une réforme importante portant sur le code du travail - par ordonnances - et légiférer pour que simplifier les rapports entre les entreprises françaises et l'administration.

Biographie d'Emmanuel Macron

Collégien puis lycéen dans l'établissement privé catholique de La Providence, à Amiens - là où il rencontrera sa future épouse -, Emmanuel Macron a intégré le lycée Henri IV à Paris dès la première. Il a été admis en hypokhâgne puis en khâgne dans le même établissement. Après un échec au concours de l'Ecole normale supérieure, il se consacre à la philosophie - matière dans laquelle il obtient un DEA à l'université de Paris-Nanterre, et aux sciences politiques - il décroche le diplôme de Sciences Po Paris en 2001. Il fait ensuite l'ENA et intègre une fois diplômé l'inspection générale des Finances.

Macron banquier chez Rotchschild

Fort de ce cursus et d'un profil brillant, Emmanuel Macron est très tôt promis aux plus hautes fonctions. Avant de devenir l'un des principaux conseillers de François Hollande, Emmanuel Macron était banquier d'affaires dans la société Rotchschild, avec des responsabilités importantes qui l'amèneront notamment à diriger la négociation du rachat de Pfizer par Nestlé, un deal de 9 milliards d'euros, qui constitue l'un des plus impressionnants contrats menés par la banque. Cette mission, qui lui vaudra d'être appelé par certains de ses pairs comme "le Mozart de la finance" lui permet de se faire un nom dans le milieu. Mais au-delà du surnom, c'est surtout l'étiquette de "banquier de chez Rothschild" qui lui reste associée, il est d'ailleurs encore aujourd'hui désigné de cette manière par certains adversaires politiques. 

Famille d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est le fils d'un couple de médecins, Jean-Michel Macron et François Noguès. Sa grand-mère maternelle était principale de collège. Marié à Brigitte Trogneux, il n'a pas d'enfants, mais vit une forme de paternité par procuration, puisqu'il est très proche des sept petits-enfants de son épouse, qui a eu trois enfants issus de son précédent mariage. Pour Emmanuel Macron, qui tient à préserver sa famille de l'exposition médiatique, le sujet de la vie privée est sensible. Ces derniers mois, il a dû faire face à de fausses rumeurs de plus en plus insistantes faisant mention d'une double vie, lui prêtant des aventures extraconjugales, notamment avec le PDG de Radio France, Mathieu Gallet.   

Femme d'Emmanuel Macron

Si la presse people s'intéresse autant au couple Macron, c'est sans doute parce que Brigitte Macron a plus de 24 ans de plus que son époux. Elle était enseignante dans le lycée dans lequel Emmanuel Macron était élève et admet aujourd'hui avoir été très vite séduite. Leur première rencontre a lieu alors que lui était collégien, en troisième, lors d'un cours de théâtre qu'elle animait. Si l'on en croit les anciens camarades de classe d'Emmanuel Macron, que Le Parisien a récemment interrogés, Brigitte Macron ne cachait pas à quel point elle était impressionnée par son élève : "En classe, elle le citait tout le temps en exemple. Elle était totalement subjuguée par ses talents d'écriture. [...] Il écrivait tout le temps des poèmes et elle les lisait devant tout le monde". Tout savoir sur Brigitte Macron

Taille et âge d'Emmanuel Macron

Le candidat d'En Marche! n'est pas le plus grand de ceux qui sont dans la course à l'Elysée. Il mesure 1,73 m, c'est un peu moins que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen (qui mesurent tous les deux 1,74 m). Encore à titre de comparaison, François Fillon mesure quant à lui 1,75 m. Donald Trump, lui, mesure 1,88 m.

Emmanuel Macron est né le 21 décembre 1977. Il se présente donc à l'élection présidentielle âgé de 39 ans. Jamais un président de la République française n'a été élu aussi jeune (le record en la matière était jusque là détenu par Louis Napoléon Bonaparte, qui fut élu en 1848 avant de devenir empereur en 1852). Pour autant, si cette jeunesse étonne, il est à noter que de nombreux pays, dans une période récente, ont désigné à leur tête des hommes et femmes de la même génération qu'Emmanuel Macron. Matteo Renzi est devenu chef du gouvernement italien à 39 ans, Charles Michel est devenu Premier ministre de la Belgique plus jeune encore, à 38 ans. La Grèce avait choisi Alexis Tsipras en 2015 alors qu'il n'avait que 40 ans. Justin Trudeau est devenu le Premier ministre du Canada à 43 ans.

Article le plus lu : Les secrets du ramadan : voir les actualités

Gouvernement / Vladimir Poutine