Missiles en Pologne : Zelensky nuance ses accusations mais pointe toujours Moscou

Missiles en Pologne : Zelensky nuance ses accusations mais pointe toujours Moscou Volodymyr Zelensky continue de pointer la responsabilité de Moscou dans les explosions survenues en Pologne contredisant les analyses occidentales. Le président ukrainien nuance toutefois son discours pour rester dans les grâces de l'Occident.

A qui appartiennent les missiles qui ont explosé en Pologne dans la soirée du mardi 15 novembre 2022 ? A Kiev ou à Moscou ? La question fait encore débat, du moins le président ukrainien Volodymyr Zelensky continue de discuter le résultat des premières analyses qui suggèrent que l'engin est un "missile de système ukrainien de défense anti-aérienne" selon l'Otan, position partagée par la Pologne et son Président, Andrzej Duda. Le missile ne visait pas intentionnellement la Pologne mais a atterri dans le village de Przewodów après avoir contré une attaque aérienne russe toujours d'après les analyses américaines et polonaises. Jeudi 17 novembre, le gouvernement de Kiev a publié un communiqué dans lequel il maintient que le missile retrouvé en Pologne est d'origine russe même s'il nuance son discours : "Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Nous ne savons pas avec certitude. Le monde ne le sait pas. Mais je suis sûr que c'était un missile russe, je suis sûr que nous avons tiré depuis des systèmes de défense aérienne". Si le chef d'Etat cherche à se dédouaner et faire accuser la Russie par la communauté internationale, l'Otan a d'elle-même reconnu une responsabilité à Moscou malgré l'originie ukrainienne du missile. "La Russie porte la responsabilité ultime" du drame, a d'ailleurs indiqué le secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken, le 17 novembre.

Il devenait indispensable pour le président ukrainien d'adoucir son discours mais son obstination pour accuser la Russie sur tous les plans a pu le mettre dans une posture délicate face à la communauté internationale. Laquelle a demandé la reprise des négociations et exercé une pression autant sur Kiev que sur Moscou pour prendre part aux discussions. Devant le G20 organisé à la mi-novembre à Bali Volodymyr Zelensky a défendu sa position en assurant que l'Ukraine est prête à négocier mais a posé 10 conditions à la tenue des discussions, des exigences qui prévoient des garanties contre "les dangers nucléaires" et "la famine" ou le retrait des troupes russes dans tous les territoires occupées, entre autres, et qui bloquent les échanges avec Moscou. Ce rappel de l'ouverture de Kiev aux négociations est aussi pour le chef d'Etat le moyen de conserver le soutien militaire de l'Occident.

Une explosion de missile et deux morts en Pologne

Deux projectiles explosifs sont tombés en Pologne, à Przewodów, une commune située à proximité de la frontière polonaise avec l'Ukraine, dans la soirée du mardi 15 novembre 2022. Les missiles ont chuté sur des bâtiments civils et ont causé la mort de deux personnes selon les autorités polonaises. Ces explosions dans le pays européen et membre de l'Otan ont fait craindre le franchissement d'une nouvelle étape dans la guerre menée par la Russie en Ukraine. Les Etats-Unis et la Pologne ont immédiatement mandatés des experts pour analyser la situation et déterminer l'origine du missile. En parallèle, pour parer à toute éventualité, la Pologne a convoqué les pays membres de l'Otan au nom de l'article 4 du Traité de l'Atlantique nord, lequel permet une réunion en urgence si "l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties [est] menacée". 

Quelles conséquences aux explosions en Pologne ?

Les explosions de deux missiles en Pologne ne seront pas l'événement déclencheur de l'entrée en guerre de l'Occident contre la Russie. Selon les résultats des premières analyses indiquent qu'il est "hautement probable" que le tir soit un accident causé "par un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne" et écartent l'hypothèse d'une attaque délibérée de la Russie. Aucune réponse militaire de l'Otan, permise par l'article 5 du Traité au nom de la défense collective, n'est prévue. L'Alliance a tout de même rappelé que la faute de ce tir reste imputable à la Russie qui "poursuit sa guerre illégale contre l'Ukraine". Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak a d'ailleurs ciblé la Russie : "Rien de tout cela n'aurait eu lieu sans l'invasion de l'Ukraine par la Russie, c'est la réalité cruelle et implacable de la guerre de Poutine".

La Russie a, dans les heures qui ont suivi les explosions, démenti  être à l'origine du tir et a salué la "retenue" des autorités américaines. Moscou a déclaré publiquement que le projectile a été tiré par un système de défense S-300 de l'armée ukrainienne. Pour sa part, l'Ukraine a pointé la "Russie terroriste" contredisant les informations américains et affirmé détenir des preuves de la responsabilité russe et a demandé "un accès immédiat" sur le lieu de l'impact en Pologne pour y mener l'enquête. 

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