Anne Hidalgo : mal placée dans les sondages, quel est son programme ?

Anne Hidalgo : mal placée dans les sondages, quel est son programme ? HIDALGO. Entre 1 et 3% des intentions de vote dans les sondages, Anne Hidalgo souffre de la présence d'autres candidats de gauche à l'élection présidentielle et ne convainc pas les électeurs. La socialiste promet le 100% renouvelable d'ici 2050 et 5000€ à tous les jeunes.

L'essentiel
  • La campagne présidentielle d'Anne Hidalgo vire à la galère pour la maire de Paris. La première édile de la capitale est inaudible et ne parvient pas à créer de dynamique autour de son projet, malgré l'investiture du Parti socialiste, l'appui de jeunes élus de sa famille politique (Johanna Rolland, Mathieu Klein, Michaël Delafosse...) ou encore le soutien de cadres historiques de la formation (François Hollande, Martine Aubry, Bernard Cazeneuve).
  • Conséquence, la candidate socialiste est au plus bas dans les sondages. Selon les enquêtes sur les intentions de vote au premier tour, elle ne recueillerait qu'entre 3 et 6% des suffrages, en dépit de ses propositions sur la hausse des salaires des enseignants, la baisse de la TVA sur l'énergie, le droit de vote à 16 ans ou encore la baisse de la vitesse sur les autoroutes.
  • Un sérieux revers qui se profile couplé à une autre défaite politique : après avoir appelé ses concurrents de gauche à participer à une primaire populaire, sans succès, elle se retire elle aussi du processus. La maire de Paris a affirmé dans une interview accordée au JDD le 16 janvier qu'elle ne retirera pas sa candidature même si les résultats de ne primaire populaire ne lui sont pas favorables.
  • Toutes les actualités principales de la campagne présidentielle, ainsi que les derniers sondages, sont à retrouver dans notre article dédié au scrutin national.
Dernières actualités

Elle "ne tiendra aucun compte" du résultat de la Primaire populaire

Elle "ne tiendra aucun compte" du résultat de la Primaire populaire - Anne Hidalgo ©ISA HARSIN/SIPA

Chronique de campagne du 21 janvier. 11h20. Anne Hidalgo déjà désolidarisée de la Primaire populaire, refuse définitivement de s'associer à l'initiative citoyenne qu'elle a tour à tour défendue puis rejetée depuis septembre 2021. La vidéo d'un cofondateur de la Primaire populaire, Samuel Grzybowski, expliquant vouloir faire barrage aux parrainages de certains candidats de gauche dont Anne Hidalgo, est le coup de grâce qui met fin à cette relation conflictuelle. La candidate socialiste se dit "très choquée" des propos tenus pour le militant. Des propos qu'elle n'aurait jamais dû entendre puisque la vidéo datée d'octobre était censée rester interne au pôle politique de la Primaire populaire. Sur France Info, ce vendredi matin, Anne Hidalgo a jugé cette prise de position "inquiétante", "ce n'est pas ce qu'on pourrait attendre d'un mouvement citoyen pour redonner des couleurs à la vie politique".

Anne Hidalgo fait savoir aux organisateurs de la Primaire populaire qu'ils "peuvent retirer [son] nom" même si elle ne demande pas expressément d'être retirée de la liste comme Jean-Luc Mélenchon. En revanche, elle "ne tiendra aucun compte" du résultat de la primaire et maintiendra sa candidature à l'élection présidentielle jusqu'au bout. Si cette volonté était déjà annoncée et laissait peu d'espoir de voir un ralliement de la candidate socialiste avec un autre candidat de la gauche, désormais l'hypothèse semble définitivement rejetée par la maire de Paris. Elle invite d'ailleurs les candidats "à prendre leur position qui sont les leurs, et à être candidat jusqu'au bout".

Anne Hidalgo à 2% dans le dernier sondage

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Chronique de campagne du 21 janvier. 10h26. Le dernier sondage réalisé par OpinionWay et publié vendredi 21 janvier 2022, crédite Anne Hidalgo de 2% d'intentions de vote au premier tour. Un tel score la positionnerait en 8e place, très loin derrière Emmanuel Macron et la droite, mais également derrière Jean-Luc Mélenchon Yannick Jadot et Christiane Taubira.

Anne Hidalgo ne parvient pas à faire décoller sa candidature. La prétendante à l'Elysée serait en passe de réaliser, au mieux, le même score que Benoît Hamon en 2017 (6,36%), qui était le plus faible résultat obtenu par le Parti socialiste pour un scrutin présidentiel. Malgré des soutiens de poids, la campagne s'annonce rude pour Anne Hidalgo, taxée de "parisianisme".

Trois propositions phares du programmes d'Anne Hidalgo

Trois propositions phares du programmes d'Anne Hidalgo - Anne Hidalgo ©KONRAD K./SIPA

Chronique de campagne du 17 janvier. 18h13. Depuis le lancement de sa campagne, les sondages ne sont pas tendres avec la candidate socialiste. Anne Hidalgo est coincée dans les bas-fonds avec seulement 3 à 6% des intentions de vote en sa faveur. Mais la maire de Paris refuse d'abandonner sa candidature à l'élection présidentielle et elle se raccroche à tous les arguments pour convaincre les électeurs, dont son programme. La porte-parole d'Anne Hidalgo, Dieynaba Diop, soutenait justement sur Franceinfo dans la soirée du 16 janvier que "les personnes qui viennent à un meeting attendent des propositions. Anne Hidalgo est quelqu’un qui vient présenter ce qu’elle attend de notre pays et ce qu’elle entend faire pour que le pays se rassemble autour d’un projet social, écologiste et plus juste".

Parmi les propositions phares du programme de la candidate, on retrouve une augmentation du SMIC de 15% soit de 200 euros nets. Dans un tout autre registre Anne Hidalgo porte le projet d'une loi ouvrant "droit à la fin de vie digne" par laquelle elle souhaite autoriser "l'aide active" à mourir pour les patients qui en émettent le souhait "en toute conscience et en toute liberté". Deux piliers sont à la base de ce projet : le respect de la volonté du patient avec la mise en place de directives anticipées et l'accès universel à des soins palliatifs "de qualité, sur tout le territoire". Dans son programme, on trouve aussi une idée empruntée au mouvement des Gilets Jaunes : le référendum d'initiative citoyenne (RIC) pour redonner un rôle au citoyen et faire évoluer la Constitution.

Hidalgo ne se soumet plus à la primaire populaire et craint de nouvelles divisions

Hidalgo ne se soumet plus à la primaire populaire et craint de nouvelles divisions - Anne Hidalgo ©KONRAD K./SIPA

Chronique de campagne du 17 janvier. 14h26. Anne Hidalgo a définitivement changé son fusil d'épaule. La candidate socialiste qui appelait de ses voeux ses adversaires de gauche à se prêter au jeu de la primaire populaire pour faire bloc derrière un unique candidat a finalement rejoint l'écologiste Yannick Jadot et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon dans le camps de ceux qui refusent le projet. Résultat, sa place dans les sondages n'a pas bougé d'un iota, elle reste au plus bas avec 3 à 6% des intentions de vote dans les meilleurs scénarios. Qu'à cela ne tienne, la maire socialiste de Paris assure défendre ses idées et son projet jusqu'au bout de l'élection présidentielle et ce quels que soient les résultats de la primaire populaire, attendus entre le 27 et le 30 janvier. A ce propos, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, la candidate socialiste a fait évolué sa description de la primaire populaire : "Comme son nom ne l'indique pas, la primaire populaire n'est plus une primaire, mais une consultation. Des citoyens vont noter tous les candidats, que ces derniers soient d'accord ou non avec ce processus." Finalement, Anne Hidalgo qui défendait le projet dur comme fer et a même souhaité s'y plier il y a de ça quelques semaines, assure désormais qu'"aucun candidat ne se retirera parce qu'il aura été mal classé! Moi pas plus que les autres."

La candidate ne porte donc plus la primaire populaire en haute estime et pire, elle y voit le risque d'une plus grande division de la gauche déjà très fracturée. C'est surtout la récente candidature de Christiane Taubira qui est visée, l'ex-Garde des Sceaux a officialisé sa participation à l'élection présidentielle, samedi 15 janvier, mais a précisé que le futur de sa candidature dépendrait du résultat de la primaire populaire. Une annonce qu'Anne Hidalgo n'a pas oublié de commenter : "Si ce processus aboutit à une candidature supplémentaire, ce n'était ni le but du jeu, ni le besoin de la gauche. Plutôt que d'unir, la candidature de Christiane Taubira va encore séparer, diviser et créer de la confusion. A la fin, chacun sera comptable de ses actes et de ses paroles". Une déclaration qui revêt de légers airs d'accusation et qui s'est accompagnée d'une question à Christiane Taubira : "J'ai beaucoup de respect pour elle. Mais pourquoi est-elle candidate, elle qui en décembre affirmait ne pas vouloir être une candidate de plus ?"

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Quand Anne Hidalgo s'est-elle déclarée candidate à l'élection présidentielle ?

Parmi les première à s'être candidate, en mi-septembre à Rouen (Seine-Maritime), Anne Hidalgo a été investie par le Parti socialiste le 14 octobre, après avoir battu Stéphane Le Foll lors d'une primaire interne qui n'en avait que le nom. La maire de Paris semblait désignée d'avance pour représenter les socialistes lors du scrutin présidentiel. Si lors des élections municipales de 2020, elle avait annoncé qu'elle ne souhaitait pas briguer l'Elysée, l'élue de 62 ans s'est finalement lancée dans la course et entend aller au bout de son ambition avec son propre projet.

Quel est le programme d'Anne Hidalgo pour la présidentielle ?

Désormais officiellement dans la course à l'Elysée, Anne Hidalgo dévoile petit à petit son programme qui s'inscrit dans une gauche "humaniste, républicaine et écologiste" comme elle l'a confié au Point. Laïque convaincue, elle ne "fer[a] pas campagne sur le wokisme".

  • En début de campagne Anne Hidalgo a promis le doublement des salaires des enseignants, mais la socialiste a repréciser sa proposition le 13 janvier sur France Inter : "j'ai dit que nous pourrions aller jusqu'à un doublement". D'ici là, la première étape serait de démarrer "la rémunération d'entrée des jeunes professeurs à 2 300 euros". Plus généralement, augmenter le SMIC de 150 euros est également inscrit à son programme, tout comme l'abaissement de la TVA à 5,5% sur les carburants (contre 20% actuellement).
  • Pour lutter contre le réchauffement climatique, Anne Hidalgo s'attaque à la pollution et prône une baisse de la vitesse sur les autoroutes et surtout le passage à une énergie "100% renouvelable d'ici 2050, peut-être un peu au-delà". La socialiste ne souhaite pas ouvrir de nouvelle centrale nucléaire mais se dit favorable au prolongement de la durée d'exploitation des centrales existantes.
  • La candidate a par ailleurs annoncé faire de la santé mentale une "grande cause du quinquennat". Dans le volet santé de son programme la candidate annonce vouloir "empêcher la fermeture de 5 700 lits d'hôpitaux" et instaurer le droit à mourir dans la dignité. Par ailleurs, elle n'exclut pas "[d']imaginer bien sûr un revenu pour celles et ceux qui assistent un parent, un enfant malade ou qui, par leur action, associative par exemple, font œuvre utile pour la société", comme expliqué au Point.
  • La maire de Paris veut également donner davantage de poids à l'Assemblée nationale et au Sénat dans le pouvoir de nomination, promeut "une réforme des institutions" et souhaite "transférer plus de pouvoirs". Elle souhaite rendre le droit de vote accessible dès 16 ans. Toutes ces annonces s'inscrivent dans la volonté d'Anne Hidalgo de soumettre aux Français des "propositions très fortes [...] pour tenir à nouveau la promesse républicaine d'égalité",

Quels sont les résultats des sondages pour Anne Hidalgo ?

L'annonce de son investiture et le lancement officiel de sa candidature n'ont rien changé. Anne Hidalgo est à la peine dans les sondages depuis qu'elle est testée. La maire de Paris atteint péniblement, au maximum, les 6% d'intentions de vote et chute, selon les enquêtes, à 3% des suffrages. Elle se positionnerait ainsi derrière Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Son score pourrait ne pas dépasser celui de Benoît Hamon en 2017 (6,36%).

La campagne d'Anne Hidalgo sur Twitter

Biographie d'Anne Hidalgo

Native de San Fernando, en Andalousie (Espagne), le 19 juin 1959, Anne Hidalgo arrive en France en 1962 avec ses parents - des républicains espagnols - et sa grande sœur. Après avoir fui Franco, la famille s'installe à Lyon (Rhône) dans le quartier populaire de Vaise, mais personne ne parle Français. Celle qui est jusqu'ici prénommée Ana devient Anne en 1973 lorsqu'elle obtient la nationalité française. Elle est alors âgée de 14 ans.

Au cours de ses études, Anne Hidalgo décroche une maitrise de sciences sociales du travail et un DEA de droit social et syndical. En 1982, elle intègre même le concours national de l'inspection du travail, une rareté pour une femme à l'époque. Après deux ans de formation, et à tout juste 23 ans, elle occupe un premier poste à Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Elle gravit les échelons un à un et prend la direction de l'Institut national du travail en 1989. Au cours de cette période, elle voit arriver ses deux premiers enfants (en 1986 et 1988), nés d'une première union.

Les années 1990 marquent un tournant dans sa carrière. En 1993, Anne Hidalgo intègre la délégation à la formation professionnelle du ministère du Travail, puis part en 1995 et 1996 à Genève comme chargée de mission au Bureau international du travail. Entre temps, elle intègre le Parti socialiste (1994). A son retour en France, elle devient chargée de mission auprès du directeur des ressources humaines de la Compagnie générale des eaux. Puis Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi, la fait entrer en politique en tant que conseillère technique à son cabinet. Nous sommes en 1997 : une année marquée par sa rencontre avec son actuel mari, Jean-Marc Germain (lire plus bas). S'en suivent deux autres cabinets ministériels jusqu'en 2002 : celui du secrétariat d'Etat aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle puis du ministère de la Justice.

En 2001, le nom d'Anne Hidalgo apparaît pour la première fois dans une campagne pour les élections municipales à Paris. Candidate dans le 15e arrondissement, elle est battue par la droite mais entre au Conseil de Paris. Mieux, le maire d'alors Bertrand Delanoë (PS) la nomme première adjointe. Sept ans plus tard, le scénario est le même : la droite conserve le 15e au second tour mais le maire sortant rempile pour un mandat et maintien la Franco-espagnole (elle a la double nationalité depuis 2004) dans ses fonctions. En 2014, désignée dauphine de Bertrand Delanoë, elle est élue maire de Paris, puis confortée à nouveau en 2020.

Anne Hidalgo s'est également présentée deux fois aux élections législatives, en 2002 (12e circonscription) et en 2008 (13e), sans jamais remporter le scrutin. Elle fut par ailleurs conseillère régionale entre 2004 et 2014 et est, depuis 2016, première vice-président de la métropole du Grand Paris.

Anne Hidalgo maire de Paris

Elue maire de Paris depuis 2014, Anne Hidalgo est autant admirée que critiquée dans ses fonctions. Diriger la capitale, une immense tâche pour l'ancienne adjointe à l'urbanisme, qui n'a pas augmenté les impôts, bien que la dette communale se soit envolée à plus de 6 milliards d'euros.

Côté logements, le mandat d'Anne Hidalgo a été marqué par l'atteinte d'un seuil de 23% de logements sociaux alors que, dans le même temps, les prix de l'immobilier n'ont pas cessé d'augmenter (10 000€/m² en moyenne). L'encadrement des loyers et la régulation d'AirBnb ont aussi été mis en place.

Sur le plan des mobilités, l'élue a mené (et mène toujours) un combat pour repousser les voitures hors de Paris, la dernière mesure instaurée étant la généralisation des 30km/h dans la capitale, après avoir piétonnisé les berges de Seine. Les pistes cyclables se sont aussi considérablement développées, tout comme les services de mobilités en libre-service (vélo, trottinettes, voitures électriques), non sans créer quelques tensions entre piétons, cyclistes et automobilistes. Anne Hidalgo est également la maire qui a porté la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques 2024, avec succès, malgré un coût exorbitant.

Les opposants de la future candidate à la présidentielle lui reprochent d'avoir "enlaidi" la capitale au cours de son mandat et les remarques d'habitants lors de la campagne des élections municipales ont beaucoup tourné autour de la propreté. Le hashtag #saccageparis a d'ailleurs été abondamment partagé sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Il est également reproché à Anne Hidalgo une gestion clanique des dossiers, quand d'autres saluent son courage.

Qui est le mari d'Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain ?

Depuis 1999, Anne Hidalgo partage sa vie avec Jean-Marc Germain. Le couple s'est rencontré en 1997 lorsque tous les deux travaillaient au cabinet de Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi et de la Solidarité. Ensemble, ils ont un fils en 2002, Arthur Germain, qui s'est fait connaître pour sa traversée de la Manche, puis se marient en 2004.

Jean-Marc Germain était lui aussi un homme politique. Âgé de 55 ans, polytechnicien, il passe de cabinet de ministère en cabinet de ministère à la fin des années 1990, avant de rejoindre Martine Aubry à la mairie, puis à la Métropole de Lille de 2004 à 2012. Il la suit également lorsqu'elle devient première secrétaire du Parti socialiste (2008-2012).

En 2012, il se présente aux élections législatives, sur la 12e circonscription des Hauts-de-Seine. Il est élu député, puis perd son siège en 2017. Depuis, il est chargé de mission à l'INSEE.

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