La fin de l'Univers pourrait arriver plus tôt que prévu... et c'est pour bientôt
Depuis que l'Homme lève les yeux vers les étoiles, il cherche à définir sa place dans l'immensité. Durant des décennies, le modèle cosmologique standard reposait sur une certitude : celle d'un Univers en expansion constante, poussé par une force mystérieuse. Mais ce paradigme, que l'on croyait gravé dans le marbre des lois physiques, vient de subir une secousse majeure.
Au cœur de ce débat se trouve la fameuse "constante cosmologique", notée $\Lambda$ (Lambda). Introduite par Albert Einstein pour maintenir l'idée d'un Univers statique, avant d'être réutilisée pour expliquer l'accélération de l'expansion cosmique, elle était jusqu'ici considérée comme... constante.
Hors, ce terme est, aujourd'hui, remis en cause par le Journal de cosmologie et d'astroparticules physiques et vient troubler la vision que l'on avait jusqu'ici du futur de l'univers. Les recherches suggèrent que ce paramètre clé ne serait pas un socle immuable, mais une entité dynamique susceptible de varier, voire de s'épuiser avec le temps. Cette découverte remet en cause l'avenir même de notre cosmos : si la force qui pousse l'Univers à grandir faiblit, que se passera-t-il quand elle s'arrêtera ?
L'étude, menée par les chercheurs Hoang Nhan Luu Yu-Cheng Qiu et S.-H. Henry Tye, s'appuie sur une analyse complexe de la densité d'énergie du vide. Selon leurs calculs, si la constante cosmologique décline, l'expansion de l'Univers n'est pas seulement vouée à ralentir : elle pourrait s'inverser totalement.
Ce scénario catastrophe porte un nom bien connu des théoriciens : le Big Crunch. Imaginez un élastique tendu à l'extrême qui, soudain, se relâche et revient violemment à sa position initiale. Pour l'Univers, cela signifierait que la gravité reprendrait le dessus sur l'expansion, contractant chaque galaxie, chaque étoile et chaque atome vers un point de densité infinie, similaire à celui du Big Bang.
Les chiffres avancés par le collectif scientifique sont vertigineux. Selon leur modèle, la "durée de vie totale" de notre Univers serait fixée à environ 33 milliards d'années. À l'échelle cosmique, nous sommes déjà des seniors : 14 milliards d'années se sont déjà écoulés depuis le Big Bang. Il resterait donc environ 19 milliards d'années avant l'effondrement final. Si ce délai semble immense à l'échelle humaine, il est dérisoire par rapport aux anciennes théories qui prédisaient une expansion durant des trilliards d'années.
Notons que cette expansion reposes sur ce que les astronomes ont appelé "énergie noire". Cette force invisible représente environ 68% de la densité énergétique de l'Univers. Jusqu'à présent, on pensait que l'énergie noire était une propriété intrinsèque de l'espace, agissant comme une pression négative constante. L'étude suggère cependant que cette source d'énergie pourrait s'affaiblir. Si la constante cosmologique bascule dans le négatif, l'effet de "grossissement" de l'Univers s'arrêterait pour laisser place à une contraction irrémédiable. L'Univers ne finirait pas dans un froid glacial et vide (le Big Freeze), mais dans une fournaise ultime où l'espace-temps lui-même se replierait sur lui-même.