Hedi : son récit de l'agression, une nouvelle opération du crâne à venir

Hedi : son récit de l'agression, une nouvelle opération du crâne à venir Un jeune Marseillais de 22 ans, Hedi, victime d'un tir de LBD à la tête et roué de coups dans la nuit du 1er au 2 juillet, a témoigné de son calvaire, ce lundi 31 juillet 2023.

[Mis à jour le 31 juillet 2023 à 16h41] Dans la nuit du 1er au 2 juillet, Marseille a été le théâtre d'émeutes marquées par la violence. Au milieu de cette tourmente, Hedi, un jeune homme de 22 ans, affirme avoir été victime d'une agression policière qui l'a laissé gravement blessé. Malgré la tragédie qui a bouleversé sa vie, il garde espoir et livre son témoignage émouvant sur les événements de cette nuit traumatisante à l'antenne de BFM TV. Hedi se remémore les instants terribles qui ont marqué sa vie à jamais. Alors qu'il était avec un ami sur le Vieux-Port de Marseille, ils ont été abordés par un équipage de la BAC. Selon lui, sans avoir participé aux émeutes, ils ont été injustement pris pour cible. Hedi a été atteint par un tir de LBD à la tête, entraînant de graves blessures et une intervention chirurgicale qui lui a coûté une partie du crâne. Tout en se rétablissant petit à petit, Hedi exprime sa gratitude d'être encore en vie malgré les séquelles physiques et psychologiques. Bien qu'il soit souvent alité, il progresse lentement mais sûrement. "J'estime avoir une certaine chance de me réveiller avec mes facultés, c'est important étant donné ce qu'il s'est passé, des blessures. Mais tous les jours, c'est encore dur, il faut supporter le fait d'avoir ce passage dans ma vie", confesse-t-il.

Malgré cette tragédie, Hedi refuse de généraliser sa rancœur envers tous les policiers. "C'est important de dire que la police est importante en France. Si elle n'était pas là, ce serait un grand bordel. J'en veux à ce groupe d'individus qui se sont permis ce qu'ils n'auraient pas du faire. J'espère qu'ils regrettent, qu'ils ont réfléchi", a-t-il indiqué à l'antenne de BFM TV. Hedi se repose désormais sur la justice pour faire la lumière sur cette affaire. Il confie avoir confiance en les autorités pour mener une enquête approfondie et juste. Cependant, il exprime sa déception quant au soutien exprimé par les supérieurs hiérarchiques du policier placé en détention provisoire dans cette affaire. Il considère que cela envoie un mauvais message et s'interroge sur les raisons qui poussent certains à protéger leurs collègues coûte que coûte.

Les autorités ont déjà obtenu des aveux de deux des quatre policiers mis en cause. Néanmoins, les autres refusent de collaborer à l'enquête, rendant la tâche des enquêteurs de l'IGPN difficile pour identifier les responsables de ces actes répréhensibles. Pour Hedi, le combat pour la justice continue, et il espère que la vérité éclatera au grand jour. Il souhaite que les responsables soient écartés pour que de tels abus de pouvoir ne se reproduisent pas. "Un citoyen français lambda serait déjà en prison et on n'en parlerait plus, je pense qu'ils ont tort, mais ça reste à leur prouver, ils ont besoin de voir et entendre ce qui s'est passé, il y a certains moutons noirs à écarter du troupeau", assure-t-il.

Le jeune homme est victime de lourdes séquelles physiques et psychologiques

Dans un témoignage accordé à Konbini, Hedi a confié qu'il "'a perdu presque 10 kilos". "Des fois, je me dis que je vais me réveiller, mais en fait, je me réveille toujours avec la tête déformée". Il a confié s'être "regardé une fois à l'hôpital, par curiosité. Mais c'était trop... Quand tu vois un trait métallique de 65 agrafes sur ta tête, c'est super dur à supporter." Il ne sait pas encore s'il pourra retrouver un jour la forme originelle de sa tête et n'a toujours pas retrouvé la vue de son œil gauche. Ses blessures ont affaibli son corps : "Je dois rester souvent dans le noir, avec aucun son et aucune lumière, parce que j'ai des migraines qui ne s'arrêtent pas." Le jeune homme de 22 ans doit porter un casque au quotidien pour se protéger la tête.

"Pourquoi moi ?", s'est demandé Hedi. Cet assistant de direction dans l'hôtellerie-restauration a fait part à Mediapart du sentiment de voir un "problème dans la police". "Quand il y en a un ou deux, OK. Mais quand sur une équipe de quatre ou cinq, tu vois qu'ils sont tous pourris, c'est grave. Ça veut dire que c'est clair et assumé." Il a précisé qu'aucun membre du gouvernement n'était rentré en contact avec lui. Il a espéré ne "pas garder une réticence vis-à-vis de ça". Confronté au témoignage de cet homme, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, a indiqué sur BFMTV qu'il "n'est pas la personne qui doit rendre la justice" pour expliquer la position de l'exécutif.

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