Macron et l'Otan : des déclarations qui font grincer des dents à l'international

Macron et l'Otan : des déclarations qui font grincer des dents à l'international MACRON - Dans un entretien à l'hebdomadaire The Economist publié jeudi 7 novembre, Emmanuel Macron juge que l'Otan est en état de "mort cérébrale". Ces déclarations ont provoqué de vives réactions chez les dirigeants internationaux.

[Mis à jour le 8 novembre 2019 à 15h37] Les propos d'Emmanuel Macron sur l'Otan font réagir à l'international. Lors d'un entretien à l'hebdomadaire britannique The Economist, le président de la République française s'est montré alarmant sur l'état de la coalition militaire. "Ce qu'on est en train de vivre, c'est la mort cérébrale de l'Otan", a-t-il déclaré. Sans surprise, ces propos ont provoqué de vives réactions de la part de plusieurs dirigeants. La chancelière allemande Angela Merkel ou le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo ont réaffirmé l'importance qu'ils accordaient à l'organisation. 

Pendant une conférence de presse à Berlin, accompagnée du secrétaire général de l'Otan, Angela Merkel a commenté les mots d'Emmanuel Macron, qu'elle qualifie de "radicaux". "Je ne pense pas qu'un tel jugement intempestif soit nécessaire, même si nous avons des problèmes, même si nous devons nous ressaisir", a-t-elle déclaré. De son côté, Mike Pompeo, en conférence de presse à Leipzig, en Allemagne, a rappelé que l'Otan était "historiquement un des partenariats stratégiques les plus importants", comme le relate Le Figaro. Seule la Russie a qualifié les propos du président français de "paroles en or. Sincères et qui reflètent l'essentiel".

Emmanuel Macron, à travers ces déclarations, pointe du doigt la contradiction mise en place par deux des membres de l'Otan, avec d'un côté le désengagement des Etats-Unis de l'organisation militaire et de l'autre, l'offensive turque en Syrie. "Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l'Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination", détaille Emmanuel Macron dans The Economist, fustigeant "un énorme problème pour l'Otan". Et de s'interroger : "Si le régime de Bachar al-Assad (le président syrien, ndlr) décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C'est une vraie question. Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daesh. Le paradoxe, c'est que la décision américaine et l'offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daesh, les Forces Démocratiques Syriennes".

Emmanuel Macron fait écho ici à l'article 5 de l'alliance, qui oblige une solidarité militaire entre les membres si l'un d'entre eux est attaqué. Ce n'est pas la première fois que la position réfractaire de Donald Trump vis-a-vis de l'Otan est mise en avant. Le New York Times révélait en janvier 2019 que le président américain a plusieurs fois fait savoir à des hauts responsables américains qu'il ne voyait pas l'intérêt de l'organisation et que les Etats-unis devraient s'en retirer. "Le président Trump, j'ai beaucoup de respect pour cela, pose la question de l'Otan comme un projet commercial. Selon lui c'est un projet où les États-Unis assurent une forme d'ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu'il y ait une exclusivité commerciale, c'est un motif pour acheter américain. La France n'a pas signé pour ça", averti Emmanuel Macron.

Article le plus lu - Alexandre Benalla se lâche dans un livre › Voir les actualités

Autour du même sujet