Discours de Marine Le Pen : un triomphe et une revanche pour la cheffe du RN

"Discours de Marine Le Pen : un triomphe et une revanche pour la cheffe du RN"

Discours de Marine Le Pen : un triomphe et une revanche pour la cheffe du RN DISCOURS LE PEN. Grandissime favorite dans sa circonscription du Pas-de-Calais où elle est arrivée nettement en tête, Marine Le Pen espérait bien surfer sur ce résultat personnel attendu pour pousser d'autres candidats du RN derrière elle. Quelle a été sa réaction après le score historique du RN à ces élections législatives ?

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[Mis à jour le 19 juin 2022 à 20h47] C'est de Hénin-Beaumont dont elle avait investi le boulodrome pour sa soirée électorale que Marine Le Pen s'est exprimée ce dimanche 19 juin au soir après le 2e tour des élections législatives. La cheffe de file du Rassemblement National avait de quoi se réjouir : donnée nettement vainqueur dans sa circonscription du Pas-de-Calais, l'ex-candidate à l'élection présidentielle a vu de nombreux candidats RN être élus selon les premières projections diffusées à 20 heures.

Qu'a dit Marine Le Pen dans son discours le 19 juin après le 2e tour des élections législatives ?

"Le peuple a décidé d'envoyer un très puissant groupe parlementaire de députés RN à l'Assemblée, qui devient ainsi un peu plus nationale. Ce groupe sera de très loin le plus nombreux de l'histoire de notre famille politique", a commencé par expliquer Marine Le Pen. "Nous avons atteint les trois objectifs que nous nous étions fixés : faire d'Emmanuel Macron un président minoritaire, poursuivre la recomposition politique indispensable et constituer un groupe d'opposition déterminant face aux déconstructeurs d'en haut, les macronistes, et les déconstructeurs d'en bas, cette extrême gauche antirépublicaine", a-t-elle ensuite jugé. "Avec ces dizaines et ces dizaines de députés de cœur et de conviction du RN qui sont d'abord des citoyens soucieux du bien public, vous aurez la sécurité de voir défendues vos idées ! Les nouveaux visages que vous allez découvrir sont l'avant-garde de la nouvelle élite politique qui prendra le pouvoir quand l'aventure Macron aura pris fin."

Le discours de Marine Le Pen du 12 juin

Arrivée largement en tête du premier tour des élections législatives dans sa circonscription du Pas-de-Calais avec plus de 50% des suffrages mais n'ayant pas réuni au moins 25% des voix des inscrits, Marine Le Pen n'avait pas pu être élue à l'Assemblée nationale du premier coup. Elle avait tout de même fait remarquer son score et ses trente points d'avance sur la candidate de la Nupes. Plus que son score, la cheffe de file du RN avait insisté sur la "progression de presque 7 points par rapport à 2017" du résultat national de l'extrême droite "obtenu malgré l'abstention". L'occasion de présenter le parti à la flamme comme le seul bénéficiant d'une vraie dynamique et surtout comme le "premier parti de France".

Forte de ces résultats, Marine Le Pen avait appelé les électeurs "à confirmer et à amplifier" leur vote pour le RN au second tour et les abstentionnistes à se rendre aux urnes. Plaidant pour le vote pour l'extrême droite, la candidate avait aussi milité pour faire barrage à la Nupes et à la majorité présidentielle allant jusqu'à appeler à "ne pas choisir" en cas de duel entre Nupes et Ensemble! Selon Marine Le Pen, il est "important de ne pas laisser Emmanuel Macron disposer d'une majorité absolue dont il abusera".

Les discours de campagne de Marine Le Pen

Pendant la campagne législative, Marine Le Pen a tenu un seul meeting, le 5 juin à Hénin-Beaumont, terre conquise du Rassemblement national. Ce discours est arrivé tardivement mais a repris toutes les caractéristiques de la campagne éclaire de la leader du RN : un appel massif à la mobilisation des électeurs, l'insistance sur la capacité et la nécessité d'envoyer un groupe parlementaire d'extrême droite fort à l'Assemblée nationale et bien sûr la défense des idées du RN en parallèle de la critique du programme de la Nupes et de la politique de la majorité présidentielle. Ce sont pourtant des déclarations faites les jours suivants lors de déplacements dans le Loiret, à Perpignan et dans l'Hérault entre le 8 et le 10 juin aux côtés des candidats du RN qui ont marqué la campagne de Marine Le Pen. Parmi ses piques saillantes envoyées aux adversaires, la députée de Pas-de-Calais a  comparé la Nupes à une "ZAD politique" et a dénoncé les "mascarades" de l'exécutif promettant le versement d'une aide à l'inflation dès cet été entre autres.

Pendant l'entre-deux-tours la stratégie a été la même : défendre la capacité du RN à faire élire une centaine de députés dans l'hémicycle, et s'imposer comme la première force d'opposition à Emmanuel Macron. Le tout en ponctuant la campagne d'attaque à l'encontre de la Nupes et de Jean-Luc Mélenchon qui "ne sera jamais Premier ministre" a répété Marine Le Pen le 14 juin sur France 2 mais aussi d'Emmanuel Macron pointant une "fébrilité" mais aussi le "comportement inapproprié" du chef de l'Etat partis en déplacement en Roumanie et en Moldavie en pleine campagne ou encore en appuyant sur le délicat cas du ministre Damien Abad, visé par une nouvelle plainte pour agression sexuelle pendant l'entre-deux-tours.

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