Vote par correspondance aux USA : la clé pour Joe Biden ? Donald Trump réplique

Vote par correspondance aux USA : la clé pour Joe Biden ? Donald Trump réplique Alors que l'écart est très serré entre Joe Biden et Donald Trump, le scrutin pourrait être chamboulé par les millions de votes par correspondance qui ne sont pas encore dépouillés, notamment en Pennsylvanie. Le président sortant a indiqué qu'il ferait appel à la Cour Suprême pour mettre un terme aux élections, et qu'ainsi, elles ne s'inscrivent pas dans la durée.

[Mis à jour le 4 novembre à 09h39] La polémique ne fait peut-être que débuter. En réitérant ses attaques contre le vote par correspondance et en multipliant les accusations de fraude dans son discours ce 4 novembre, Donald Trump a remis le vote par correspondance au centre des débats. Malgré les critiques répétées de Donald Trump, qui a affirmé que le résultat de cette nuit "pourrait ne jamais être déterminé avec précision", les Américains ont massivement opté pour le vote par correspondance lors de cette élection américaine. Alors que 33 millions d'électeurs avaient voté par anticipation en 2016, pour le duel entre Joe Biden et Donald Trump, cette proportion est passée à 100 millions en raison de la pandémie de Covid-19. 

Cette année, seuls cinq États sur cinquante demandaient un justificatif pour pouvoir avoir recours au vote par correspondance, largement élargi car permettant de ne pas se rendre en bureau de vote et ainsi éviter les contacts physiques. Un paramètre qui n'est pas un détail dans ce scrutin et qui pourrait avoir des conséquences considérables. Premièrement, les observateurs craignent un retard dans le dépouillement des voix et donc dans l'annonce du vainqueur. Si certains États ont procédé au comptage des bulletins avant la date fatidique du 3 novembre et ont pris de l'avance, certains, dont des "swing States" - ceux qui font basculer l'élection - n'ont commencé à compter les voix que le jour du scrutin. Sans compter que le dépouillement des bulletins envoyés par courrier est plus chronophage que le dépouillement des votes classiques, puisqu'il requiert davantage de vérifications (contrôle de la date limite, conformité de la signature avec les registres de l'État...).

Les résultats du 3 novembre ne sont pas définitifs

Le vainqueur des élections présidentielles américaines ne sera pas connu ce matin, en raison de l'importance du nombre de votants par correspondance et des écarts faibles entre les deux candidats. La journaliste américaine Saleha Mohsin, qui travaille pour Bloomberg, a annoncé très tôt dans la matinée que trois États n'étaient pas en mesure de rendre les résultats finaux dans la nuit de mardi à mercredi. La ville de Philadelphie dans le très disputé État de Pennsylvanie a même arrêté de compter les bulletins par correspondance, et continuera ce travail le mercredi 4 novembre.

Joe Biden avait pris l'avantage mais les victoires de Donald Trump en Floride et au Texas ont réduit l'avance du candidat démocrate. Le vote par correspondance pourrait faire pencher la balance en faveur du candidat démocrate. En effet, selon un sondage publié par le site The Hill, 60% des sympathisants démocrates comptaient voter ainsi... contre seulement 28% pour les républicains. Les prochains jours de dépouillement vont témoigner d'une forte tension démocratique.

Donald Trump lors de son discours ce matin s'est même donné gagnant dans certains États où tous les votes ne sont pas encore dépouillés, notamment en Caroline du Nord. Le président sortant a utilisé des mots forts pour exprimer sa répulsion à l'encontre du vote par correspondance : "C'est de la fraude ! Avec une victime : le peuple américain. C'est une honte pour ce pays. On se préparait à gagner cette élection, et honnêtement on l'a gagné". Le candidat républicain a également explicitement précisé qu'il allait saisir la Cour Suprême pour faire arrêter les élections, avant que tous les bulletins de vote par correspondance soient dépouillés. "On ne souhaite pas qu'ils trouvent des bulletins à 4 heures du matin et qu'ils les ajoutent à la liste" a t-il scandé. Dennis Darnoi, un consultant politique américain interrogé par l'agence Reuters, avait prédit ce scénario : "Plus le décompte des bulletins de vote par correspondance prendra du temps, plus le récit s'imposera aux partisans de Trump et constituera leur 'preuve' pour remettre en question les éventuels résultats défavorables des élections".