Un gouvernement du Nouveau Front populaire, c'est possible ? Qui serait ministre ?

Un gouvernement du Nouveau Front populaire, c'est possible ? Qui serait ministre ? Si la piste d'un gouvernement du Nouveau Front populaire pérenne semble peu probable sans majorité absolue, plusieurs noms sont déjà cités comme ministrables à gauche. Hollande, Tondelier, Autain, Ruffin... Toutes les infos.

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Si dans les faits, un gouvernement "Nouveau Front populaire" est envisageable après la victoire de l'union de la gauche aux élections législatives anticipées, l'hypothèse paraît très peu vraisemblable, notamment pour tenir dans la durée, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, sans majorité, absolue, il n'est pas possible de gouverner. Du moins, de faire passer un texte sans s'exposer à une motion de censure de la part de l'opposition. La majorité obtenue par le camp Macron jusqu'alors n'était pas vraiment comparable, elle s'apparentait à une majorité de circonstances avec les LR ayant accepté de rejoindre l'ex-majorité présidentielle. 

Si ce gouvernement NFP venait à se mettre en place (sans majorité absolue à l'Assemblée), il pourrait permettre au NFP de gouverner. En revanche, ces derniers devront obtenir le soutien de pas moins de 94 députés qui n'ont pas été élus sous la bannière NFP. Encore une fois, cette possibilité apparaît comme très peu probable. De plus, un gouvernement minoritaire serait constamment sous la menace de la fameuse motion de censure, ce qui pourrait pourrait entraîner la succession de plusieurs gouvernements. Alors, une alliance est-elle possible ? À gauche, toute "alliance des contraires" avec les Macroniste a d'ores et déjà été écartée. De son coté, la majorité présidentielle a elle, réfuté toute possibilité de gouverner avec La France insoumise. Voilà pourquoi, aussi, un éventuel gouvernement de coalition a déjà du plomb dans l'aile.

"Une coalition des contraires trahirait le vote des Français"

Lors de sa fondation, dans la foulée de la dissolution de l'Assemblée, le Nouveau Front Populaire avait un objectif : remporter les élections législatives et constituer un gouvernement entre partis de gauche. Si les résultats du premier tour avaient semblé reléguer cette question au second plan, elle pourrait bien revenir rapidement en haut de l'affiche et en tête des questions nées après le second tour marqué par la victoire du Nouveau Front Populaire, crédité de 182, devant Ensemble avec 168 et le Rassemblement National avec 143. Dès lors, l'arrivée de figures socialistes, insoumises, communistes et écologistes à des postes de ministres semble plus que probable. Mais quelles sont les personnalités qui pourraient prétendre au poste de Premier ministre ?

"Ni François Hollande, ni Jean-Luc Mélenchon" a d'ores et déjà indiqué la députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, ce dimanche, après avoir pris ses distances avec le leader de LFI. Elle a aussi émis le souhait de voir les forces de gauche se réunir "en assemblée plénière" dès ce lundi. Cette dernière n'est pas non plus favorable à la constitution d'une coalition entre la gauche et le camp Macron. "Le programme de la NFP n'est pas compatible avec celui de la macronie" a-t-elle indiqué. Une position partagée par le premier secrétaire du PS Olivier Faure : "Une coalition des contraire trahirait le vote des Français". De son côté, Jean-Luc Mélenchon  a donné sa ligne à l'issue des résultats : "La volonté du peuple doit être strictement respectée. Le président doit s'incliner et admettre cette défaite sans la contourner. Le président a le devoir d'appeler le Nouveau Front Populaire à gouverner. Celui-ci y est prêt".

Loin d'être plébiscité par Clémentine Autain, François Hollande lorgnerait en réalité le ministère des affaires étrangères. Le quai d'Orsay semble être un portefeuille idéal pour François Hollande. Il s'agit d'un ministère de premier plan qui échappe un peu à la tutelle de Matignon au profit de liens directs avec l'Elysée. Du fait de son expérience politique, le socialiste pourrait vouloir éviter d'être relégué à un poste mineur ou de se trouver sous les directives d'un Premier ministre jeune ou moins expérimenté. Etre ministre des Affaires étrangères offre aussi du prestige et inversement placé un ancien chef d'Etat à ce poste pourrait être perçu comme gage de qualité.

Marine Tondelier ne ferme pas la porte à un gouvernement de coalition

En l'absence de majorité absolue pour les trois principaux blocs, Emmanuel Macron et ses alliés vont toutefois probablement tenter de former une coalition, qui pourrait se retrouver au gouvernement. Celle-ci, à en croire les mots d'Edouard Philippe, pourrait aller de "la gauche sociale-démocrate" à "la droite libérale et conservatrice". Au sein du Nouveau Front Populaire, les macronistes tendront donc la main aux socialistes, aux écologistes et aux communistes. Emmanuel Macron a déjà indiqué qu'il ne souhaitait pas de coalition avec La France insoumise. Or, le coordinateur insoumis Manuel Bompard a confirmé que ce n'était pas non plus son intention.

En revanche, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts, Marine Tondelier, n'a pas fermé la porte à l'idée d'une coalition : "il faudra sûrement faire des choses que personne n'a jamais faites auparavant dans ce pays", a-t-elle posé mardi soir sur TF1, tout en affirmant qu'il n'y aurait "pas de Premier ministre macroniste". Les écologistes pourraient-ils travailler avec le centre et la droite ? "Le question, pour moi, c'est plus 'pour quoi faire' que 'avec qui'", a ajouté Marine Tondelier, appelant à fixer "des bases politiques claires".

Dès la création du Nouveau Front populaire, ses membres ont été harcelés par la une même question : qui serait leur candidat au poste de Premier ministre ? Alors que la gauche remettait cette décision au lendemain des législatives, ses adversaires ont entrepris d'imposer l'hypothèse de Jean-Luc Mélenchon à Matignon dans l'esprit des électeurs. "Je ne m'exclus pas mais je ne m'impose pas", n'a eu de cesse de répéter le fondateur de LFI, tandis que ses partenaires rejetaient un à un cette possibilité. Il faut dire que le processus de nomination d'un Premier ministre de gauche restait imprécis : dans un premier temps, les partis du Nouveau Front Populaire semblaient s'être mis d'accord pour que le groupe majoritaire à l'Assemblée à l'issue des élections législatives propose un candidat. Mais le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a ensuite plaidé pour l'organisation d'un vote au sein de la gauche, au grand dam de LFI, qui espérait proposer un Premier ministre issu de ses rangs.

Ruffin, Autain et Bompard cités pour le poste de Premier ministre

Certaines personnalités de gauche se sont dites "prêtes" et "capables" d'assumer la responsabilité de chef du gouvernement :  chez les insoumis, François Ruffin et Clémentine Autain ont ouvert cette porte, tandis que Jean-Luc Mélenchon a plusieurs fois proposé Manuel Bompard, Mathilde Panot ou encore Clémence Guetté. Mais à présent que le parti a fermé la porte à toute coalition allant au-delà de la gauche, la présence de ces personnalités dans le prochain gouvernement perd en crédit.

Celle de figures socialistes, écologistes et communistes demeure plus probable : chez les socialistes, on peut citer les députés sortants Valérie Rabault et Boris Vallaud, qui s'étaient dit prêts, avant le premier tour, à assumer Matignon. Chez les communistes, Fabien Roussel est également une figure relativement consensuelle, même si sa défaite au premier tour des législatives questionnerait sa légitimité au sein d'un gouvernement. Reste à voir qui accepterait de gouverner aux côtés de macronistes, à quelles conditions, et au risque de faire à nouveau exploser la gauche... à trois ans de la présidentielle.

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