Résultat de Gérald Darmanin aux départementales : une victoire salvatrice au 2e tour

Résultat de Gérald Darmanin aux départementales : une victoire salvatrice au 2e tour Gérald Darmanin, battu aux élections régionales avec la liste LREM, s'est consolé ce dimanche en remportant le canton de Tourcoing-2 lors des élections départementales.

[Mis à jour le 27 juin à 23h00] Après un dimanche de premier tour contrasté, marqué par la défaite cuisante en région Hauts-de-France pour la liste LREM où il figurait en bonne place, Gérald Darmanin a sans doute davantage savouré ce dimanche 27 juin lors du 2e tour. Le ministre de l'Intérieur était en effet également engagé dans le canton de Tourcoing-2 pour les élections départementales. Dans la soirée, Gérald Darmain a clamé sa victoire via son compte Twitter, peu de temps avant la publication des résultats complets sur le site du ministère de l'Intérieur. Le duo qu'il formait avec Doriane Bécue s'impose finalement avec 64,98% des voix contre 35,02% pour leurs adversaires de l'Union de la gauche Ali Laazaoui et Katy Vuylsteker.

Les deux candidats avaient déjà rassemblé 54,11% des suffrages au premier tour, de quoi les placer en première position et être donnés favoris pour le second tour. Quoi que là encore, une ombre a noirci le tableau, le taux d'abstention équivalent à 81% comme le rappelle la colistière de Gérald Darmanin : "Malheureusement il y a une abstention qui est très forte puisque 19% des inscrits sont effectivement venus. Donc nous appelons les Tourquennois à venir voter la semaine prochaine pour le second tour." Le ministre a préféré se concentrer sur le positif et s'était contenté d'appeler les électeurs à être plus nombreux aux urnes ce dimanche.

Crêpage de chignon avec Éric Dupond-Moretti

Si dimanche dernier La République en Marche connaissait une défaite cuisante dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR) a savouré sa victoire du premier tour. Et le ministre de l'Intérieur semblait à cheval entre deux chaises : regretter le score décevant de son parti ou félicitez son ami, le président sortant pour ses résultats. Gérald Darmanin n'a pas hésité à "souligner la victoire importante au premier tour de Xavier Bertrand qui manifestement avait été reconnu pour son bilan" comme il a l'a rappelé le 25 juin au micro de France Bleu. Ces félicitations ont quelque peu égratigné l'égo de son collègue et colistier, Éric Dupond-Moretti. Le mercredi suivant le premier tour des élections régionales une altercation entre les deux ministres avait éclaté quelques minutes avant le Conseil des ministres. Le Garde des Sceaux reprochait à Gérald Darmanin ses propos sur les résultats du scrutin. "On ne te demande pas de renier tes amitiés mais de ne pas piétiner tes collègues", avait-il lancé. Mais les deux membres du gouvernement ne semblent pas rancuniers ou du moins se donnent cette image dans les médias. Toujours sur France Bleu, Gérald Darmanin expliquait à propos du ministre de la Justice : "J'ai une relation franche avec lui qui est un homme de bien, un homme engagé. On a parfois des divergences mais tout va bien avec Éric Dupond-Moretti que j'ai vu deux fois hier et nous avons continué à travailler pour les affaires de la Nation."

Grand animateur de la campagne

Gérald Darmanin faisait partie des nombreux membres du gouvernement à s'être mobilisés pour ces élections du 20 et 27 juin, et un peut-être plus que les autres. Le ministre de l'Intérieur avait d'abord décidé de se présenter comme candidat aux élections départementales du Nord, dans le canton de Tourcoing-2, ville dont il a été le maire. Après l'annonce de sa candidature dans la Voix du Nord, le 4 mai, Gérald Darmanin a finalement également rejoint la liste de La République en Marche pour les élections régionales dans les Hauts-de-France, en avant-dernière position sur la liste du Nord. 

Gérald Darmanin aura au final animé la campagne des régionales. Tous ses faits et gestes sont assimilés au parti mais certains de ces comportements éclaboussent autant sa campagne que l'image de LREM. La querelle avec Audrey Pulvar a fait couler beaucoup d'encre et n'a toujours pas connu de dénouement. Alors que la présence de Gérald Darmanin à la manifestation des forces de l'ordre le 19 mai faisait déjà jaser, le ministre a porté plainte contre la candidate des socialistes en Ile-de-France lorsqu'elle a jugé "glaçant" la participation du locataire de Beauvau au rassemblement. Les deux protagonistes ont pâti de leurs incartades respectives malgré le rapide retour en arrière avec l'invitation de Gérald Darmanin pour remettre les choses à plat.

Cinq ministres figuraient sur la liste de la majorité présidentielle : Laurent Pietraswezski en tant que tête de liste, Eric Dupond-Moretti, Alain Griset , Agnès Pannier-Runacher et Gérald Darmanin. Ce renfort gouvernemental devait permettre de faire remonter la liste dans les intentions de vote et de devenir un adversaire fort du président sortant. Les ministres "ont conscience de la nécessité que des membres du gouvernement s'investissent pour cette région qui en a besoin, qui est au point mort, qui n'avance plus parce que le président sortant est plus centré sur ses objectifs personnels que sur le fait de construire une grande région ambitieuse" expliquait Laurent Pietrasweski au Monde le 14 mai. Mais l'arrivée des membres du gouvernement n'a pas eu l'effet escompté selon les sondages et les premiers résultats confirment la tendance ce dimanche soir...

Gérald Darmanin, de LR à Macron

L'actuel ministre de l'Intérieur exerce en tant que membre du gouvernement depuis 2017 et l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence, mais il a d'abord été ministre de l'Action et des Comptes publics de 2017 à 2020 avant de s'installer à l'Hôtel de Beauvau. Outre les différentes fonctions qu'il a occupé pour le gouvernement, le politique s'est également investi pour sa région natale, les Hauts-de-France. Il a été nommé conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais entre 2010 et 2014 puis a siégé au Conseil régional de la nouvelle région Hauts-de-France de 2016 à 2020, il en a même été le vice-président lors du mandat de Xavier Bertrand. La liste des mandats locaux exercés par Gérald Darmanin se termine à la mairie de Tourcoing en tant que premier adjoint au maire pendant trois ans, avant un bref passage comme maire de la ville jusqu'à sa nomination pour devenir ministre de l'Intérieur.

Gérald Darmanin s'est engagé du côté de la droite en 1998 auprès du RPR et a évolué au sein de la famille politique désormais connue sous le nom Les Républicains, jusqu'en 2017 où peu après l'affaire Fillon il décide de quitter le parti. Il rejoint alors le mouvement d'Emmanuel Macron, La République en Marche. 

Le politique a dû essuyer plusieurs polémiques comme des accusations de viols et de harcèlement ou d'abus de faiblesse en 2017 et 2018. Les affaires sont notamment revenues sur le devant de la scène lorsqu'il est devenu ministre de l'Intérieur, ce qui a valu à Gérald Darmanin une vive opposition de certaines militantes féministes. En 2017 également, le politique avait pu tenir des propos et défendre des positions homophobes sur la question du mariage homosexuel, et avait affirmé son soutien au mouvement la Manif pour Tous. Le politique était par le suite revenu sur ses propos en expliquant les regretter, au sujet du mariage homosexuel il avait fini par expliquer préférer l'autorisation d'une union civile.

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