Hinaupoko Devèze, Miss France 2026 : déjà des failles relevées dans son parcours, une miss sous surveillance
Hinaupoko Devèze succède donc à la Martiniquaise Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025. C'est bel et bien Miss Tahiti qui a été couronnée Miss France 2026 dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une cérémonie organisée au Zénith d'Amiens et retransmise en direct sur TF1. Une élection qui confirme en partie les pronostics qui donnaient Hinaupoko Devèze favorite avec Lola Lacheré, Miss Nord-Pas-de-Calais.
Agée de 23 ans et diplômée en psychologie, Hinaupoko Devèze était la candidate la plus grande de cette élection, avec 1,82 m. Elle a été choisie parmi les 30 prétendantes par un vote combinant jury et public. Son engagement pour la santé mentale est un combat qui lui tient à cœur depuis toujours, elle qui est née d'un père psychiatre et une mère soignante auprès des malades mentaux. Victime elle-même d'un burn-out pendant son parcours étudiant, elle décide de parler ouvertement de "ce qu'on ne voit pas". Dans une vidéo publiée sur Instagram, elle parle de ce mal "qui ne laisse ni de cicatrices, ni de bleus apparents".
"Au début j'ai hésité à en parler parce que nous avons tous tendance à craindre de montrer notre fragilité. Mais je veux montrer, à travers mon histoire, que nous avons tous la possibilité de nous relever", a aussi lâché Hinaupoko Devèze au Figaro TV. "Je rêve d'un monde où on ose dire quand on ne va pas bien, sans honte ni crainte, un monde où la vulnérabilité n'est plus une faiblesse." Aujourd'hui, elle souhaite accompagner les gens mais aussi les sensibiliser à l'importance du bien-être mental, qui est tout aussi essentiel selon elle que la santé physique.
Un parcours entre la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et le sud de la France
Marquisienne par sa mère et métropolitaine par son père, avec sept demi-frères et sœurs issus d'une famille recomposée, Hinaupoko Devèze est passée par la Nouvelle-Calédonie et a grandi dans le sud de la France. Lors du discours des 12 demi-finalistes en milieu de soirée, Hinaupoko Devèze a insisté sur les liens entre la Polynésie et la métropole. "Je suis le fruit d'une histoire d'amour entre la Polynésie et le sud de la France. Et mon enfance a autant été bercée par le chant des cigales que par la mélodie du ukulélé", a-t-elle déclaré. Interrogée plus tard sur les valeurs les plus importantes selon elle en France, elle a évoqué la "liberté, l'égalité, la fraternité", mais aussi "le respect".
"Je suis très honorée d'avoir été choisie pour représenter les Français cette année, c'est un honneur pour moi. L'adrénaline n'est pas retombée, je suis encore sur un petit nuage", a aussi déclaré Miss France 2026 à l'issue du concours, lors d'une conférence de presse. Elle a également répété que le sujet de la santé mentale lui tenait à cœur : "C'est une cause dont j'ai envie de parler, car elle nous concerne tous, on doit déstigmatiser, notre fragilité nous caractérise", a-t-elle dit.
Un clip avec Koba LaD qui fait parler
Hinaupoko Devèze a choisi de revenir vivre en Polynésie il y a quelques années, d'apprendre le polynésien et de se fondre dans sa culture. Avant le concours Miss France, elle travaillait, en parallèle de ses études, en tant que secrétaire administrative et organisatrice de séjours éco-responsables aux îles Marquises. Elle est aussi mannequin et modèle photo. Un métier qui l'a amenée à faire de la figuration dans le clip de la chanson "Doudou" de Koba LaD et Naps en 2021.
Dans ce morceau sulfureux, le rappeur s'affiche au milieu de jeunes femmes, de drogue et d'alcool dans un chalet à la montagne. Dans la vidéo, la future Miss France apparaît notamment dans une voiture conduite par le rappeur, au son de "J'suis fonce-dé dans l'RS3". Koba LaD a été condamné en juin dernier à six ans de prison pour un accident de la route mortel dans lequel il a reconnu être "en faute" car en excès de vitesse sous l'emprise de cannabis.
A Télé Loisirs, Hinaupoko Devèze a parlé d'une "expérience sympa", sans comprendre pourquoi elle faisait autant parler. "J'avais l'opportunité quand j'avais 19 ans de participer à ce clip. Je me suis dit pourquoi pas, j'étais en pleines études de droit, c'était juste deux jours de tournage", a-t-elle ajouté.
Son comportement lors du voyage en Martinique questionné
Ce n'est pas la seule faille que les observateurs zélés ont trouvée dans le parcours de Miss France. Lors du voyage de préparation des candidates à Miss France 2026 en Martinique début novembre, on se souvient que Frédéric Gilbert, président de la Société Miss France, avait révélé au Parisien avoir dû rappeler à l'ordre certaines miss sur leur comportement. Rapportant du "laxisme" voire de l'"insolence" chez certaines, il dénonçait des attitudes déplacées envers le personnel, des affaires et déchets laissés à l'abandon, un usage du smartphone lors des ateliers ou des échanges avec les membres de l'organisation. Or, comme le rappelle le Figaro TV, l’influenceur Aqababe a indiqué sur son compte X que Miss Tahiti ferait partie des candidates concernées.
"Miss Tahiti aurait utilisé plusieurs fois son téléphone, ce qui aurait entraîné des rappels généraux. Cependant, une fois, alors qu’elle se faisait préparer pour une activité et qu’elle était en HMC [habillage, maquillage, coiffure, NDLR], elle aurait répondu à un appel (visiblement rien d’urgent), ce qui aurait conduit l’équipe à la prendre à part pour une 'remontrance'. Par la suite, une réunion de crise aurait été organisée afin de réexpliquer à tout le monde les règles de savoir-vivre au cours de cette aventure", avait écrit l'influenceur le 14 novembre sur X.
MISS FRANCE 2026
— AQABABE (@AQABABE_) November 14, 2025
Concernant les miss qui auraient été recadrées pour l’utilisation du téléphone, il semblerait qu’une candidate en particulier, Miss Tahiti, aurait été reprise à ce sujet. Elle aurait répondu à des appels pendant les HMC, moment durant lequel le téléphone serait… pic.twitter.com/ct3ZLpPheT
Hinaupoko Devèze a répondu à ce qu'on ne peut à ce stade que qualifier de rumeurs sur ce qui s'est passé en Martinique avant le concours. "J'ai adoré notre séjour en Martinique où j'ai mis un peu mon téléphone de côté pour vivre pleinement cette expérience unique. Ça fait quelques jours que je lis bien des choses à mon sujet et je souhaite apporter mon éclairage", avait-elle écrit sur Instagram. "Participer à Miss France est un rêve que j'ai eu la chance de réaliser le 28 juin en devenant Miss Tahiti 2025. Depuis le premier jour, je m'investis avec sérieux, en donnant le meilleur de moi, toujours avec respect et bienveillance envers tout le monde, et particulièrement envers ceux qui m'entourent. Rassurez-vous, mon séjour s'est très bien passé et tout va bien de mon côté", avait-elle ajouté.
Hinaupoko Devèze élue devant Miss Nouvelle-Calédonie et Miss Normandie
Hinaupoko Devèze a devancé Miss Nouvelle-Calédonie, élue première dauphine, et Miss Normandie, deuxième dauphine lors du grand concours Miss France. La soirée de plus de trois heures, suivie chaque année sur TF1 par des millions de téléspectateurs, était articulée autour de plusieurs tableaux chorégraphiés sur le thème du voyage - avec l'Asie, l'Antiquité, le futur ou le Hollywood des années 30, et présentée à nouveau par Jean-Pierre Foucault, 78 ans.
Les candidates issues des comités régionaux ont défilé en tenue de soirée, en maillot de bain ou en costume. Le traditionnel tableau régional a mobilisé la Garde républicaine. Elles ont été départagées à 50/50 par les téléspectateurs de TF1 et le jury, présidé cette année par la comédienne Michèle Bernier, entourée notamment de la chanteuse lyrique Axelle Saint-Cirel, du journaliste Bruce Toussaint et de l'influenceuse Sally.
La Martiniquaise Angélique Angarni-Filopon, 35 ans, la plus âgée de l'histoire du concours, a remis sa couronne dans un contexte particulier. Victime de cyberharcèlement en raison de son âge et de son origine, la Miss France 2025 avait un temps envisagé de renoncer à son titre. L'institution avait signalé à la justice "ces commentaires injurieux", qui "n'ont pas leur place dans notre concours, pas plus que dans notre société".
Cette édition introduit un accompagnement inédit : pour la première fois, Miss France sera épaulée par une ancienne lauréate, une mission confiée à Camille Cerf, Miss France 2015. Malgré les controverses et les critiques récurrentes sur sa représentation des femmes, le programme continue d'attirer un large public : en 2024, l'émission avait réalisé 45% de part d'audience. Elle a légèrement marqué le pas cette année, avec cette fois un peu plus de 41%.