Vote blanc : pris en compte ou pas ? Définition

VOTE BLANC - Pour le second tour de cette présidentielle, beaucoup ont du mal à faire leur choix. Que vaut un vote blanc en 2017 et comment est-il comptabilisé dans l'élection ? Définition et explications.

[Mis à jour le 7 mai 2017 à 14h04] Le vote blanc a connu une modification significative dans sa prise en compte il y a deux ans, entre les élections municipales et européennes. Ainsi, la loi du 21 février 2014 "visant à reconnaître le vote blanc" change la donne pour cette élection présidentielle, en comparaison de la précédente. Les bulletins blancs sont désormais considérés "comme des suffrages non exprimés mais décomptés à part". En clair, cela signifie que les bulletins blancs ne sont plus comptés avec les bulletins nuls comme auparavant, mais listés à part dans les feuilles de décompte. Un chiffre remonte donc de chaque bureau de vote via les procès-verbaux pour donner un résultat au niveau national, là où auparavant il n'existait pas. Pour rappel, sont assimilées au vote blanc les enveloppes ne contenant aucun bulletin.

Le vote blanc, qui représentait déjà 659 302 électeurs au premier tour, soit 1,39% des inscrits (1,78% de votants), est beaucoup moins utilisé par les électeurs indécis ou mécontents que l'abstention, qui a atteint plus de 22% des inscrits il y a quinze jours. Mais que vaudrait le vote blanc aujourd'hui en France et en particulier pour l'élection présidentielle s'il était comptabilisé comme un vote "exprimé" ? Changerait-il réellement le résultat de l'élection ? Que se passerait-il en cas de décompte du vote blanc dans les votes exprimés lors de l'élection présidentielle ?

La Constitution stipule que le président de la République doit être "élu à la majorité absolue des suffrages exprimés". A priori, le premier tour de scrutin ne devrait pas être impacté puisque la loi indique que les deux candidats arrivés en tête se qualifient pour un second tour, sans autre condition. En revanche, le vote blanc pourrait avoir un impact sur le second tour puisque pour être élu, le futur chef de l'Etat devrait réunir plus de voix que celles de son adversaire et celles du vote blanc additionnées. En 2012, François Hollande n'aurait sans doute pas été désigné vainqueur dans une telle configuration.

Le vote blanc doit être clairement distingué désormais du vote nul. C'est un décret du 8 mars 2001, qui liste les bulletins qui doivent être jugés "nuls", autrement dit qui n'entreront pas dans le résultat de l'élection. D'abord, les bulletins différents de ceux fournis par l'administration seront rejetés, comme les bulletins faisant figurer le nom d'un candidat qui n'est pas dans la liste officielle validée par le Conseil constitutionnel. Suivent les bulletins sans enveloppe ou avec une enveloppe non réglementaire, les bulletins qui étaient accompagnés d'un autre bullein ou de tout autre document dans l'enveloppe, les bulletins sur lesquels les noms des votants ont été ajoutés, ou des signes de reconnaissance ont été ajoutés, les bulletins portant des injures pour les candidats ou pour des tiers, les bulletins manuscrits ou raturés. "Ces bulletins ainsi que les enveloppes non réglementaires sont contresignés par les membres du bureau de vote et annexés au procès-verbal", selon l'article 66 du code électoral.

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