Reconquête : le parti d'Éric Zemmour, machine à sous ou à députés ?

Reconquête : le parti d'Éric Zemmour, machine à sous ou à députés ? RECONQUÊTE. Eric Zemmour tient enfin son parti. Le candidat à la présidentielle a officialisé le nom de sa formation, tandis que l'organisation se met en place en vue du scrutin national... mais aussi des élections législatives.

Eric Zemmour lance la "reconquête". Le polémiste a dévoilé le nom du parti politique chargé d'accompagner sa candidature à l'élection présidentielle de 2022. L'appellation de la formation du candidat à l'Elysée ne doit rien au hasard, rappelant la "reconquista", cette période du Moyen-Âge durant laquelle des chrétiens espagnols ont repris possession de la péninsule ibérique, alors sous domination musulmane. Une entreprise qui a duré plus de huit siècles, entre 722 et 1492. Si le nom de "Vox populi" a longtemps circulé, Eric Zemmour et son entourage aurait l'idée en tête depuis deux ans. Selon L'Opinion, ils auraient en effet songé à appeler ainsi la Convention de la droite, organisée en septembre 2019 par Marion Maréchal. Avant même le premier meeting de campagne d'Eric Zemmour, le slogan du candidat avait été dévoilé : "impossible n'est pas Français". Dimanche 5 décembre 2021, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), un autre slogan était affiché sur les tracts de campagne : "pour que la France reste la France". Soit le leitmotiv...  d'Eric Ciotti, candidat malheureux à la primaire LR, qui n'a pas caché sa proximité avec le polémiste. De quoi draguer les électeurs du député des Alpes-Maritimes, après la publication, par Eric Zemmour, d'une lettre pour les appeler à rejoindre sa formation.

L'objectif de la création du parti revêt d'une double importance organisationnelle : d'abord financière en vue de la course à l'Elysée, puis politique afin d'organiser les élections législatives. La première reste, pour l'heure, la primordiale pour Eric Zemmour : en effet, tout don en vue de la campagne présidentielle ne peut être adressé qu'à un parti et non à une personne physique. C'est ainsi que le prêt de 300 000 euros octroyé par le financier Charles Gave est devenu caduque. Désormais, le polémiste peut récolter des fonds et les utiliser pour mener campagne en toute légalité. Les comptes pourraient grossir par les dons, mais aussi les adhésions. Divers types de cotisations sont proposées, allant de 10 à 100 euros. Selon le parti, 22 000 personne auraient déjà pris leur carte. Par ailleurs, BFM TV avance que les caisses seraient remplies à hauteur de 1,7 millions d'euros, en tenant compte des dons.

Eric Zemmour et son entourage ont également en ligne de mire les élections législatives. En structurant une formation politique, l'équipe du candidat veut développer le maillage territorial déjà initié depuis plusieurs semaines pour dénicher des profils capables de se présenter dans les circonscriptions en juin prochain. Le tout, sous la houlette de Jean-Frédéric Poisson, qui a pris les rênes de ce projet, comme il l'a expliqué au Parisien. "Il m'a proposé d'être président de la Commission nationale d'investiture de la future coalition électorale autour de sa candidature, qui accompagnera l'élection présidentielle et qui a vocation à présenter des candidats aux élections législatives en juin prochain. J'ai accepté cette proposition", a expliqué celui qui a retiré sa candidature au profit de l'ancien chroniqueur. Selon Le Parisien, une règle d'or aurait été édictée pour assurer une implantation partout en France : "le parti zemmouriste a vocation à se déployer dans toute la France et présenter des candidats aux législatives dans les 577 circonscriptions, selon une règle des trois tiers : un tiers de candidats venus des rangs de LR, un tiers du RN et un autre d'horizons différents et de la 'société civile'."

Nom du parti d'Éric Zemmour

Eric Zemmour a donc lancé son parti "Reconquête" dimanche 5 décembre 2021. Un nom qui n'a pas manqué de faire réagir, au regard de sa consonnance historique correspondant à la prise de la péninsule ibérique par les chrétiens espagnols qui était alors sous égide musulmane entre 722 et 1492. Un article complet sur cette période de l'histoire est à découvrir sur Linternaute. Face à cette référence, l'appellation de la formation du polémiste n'a pas manqué de faire réagir. "Cet épisode ce sont des bûchers, des expulsions, des conversions forcées, la torture, l'Inquisition. Les mots ont un sens. Le programme de Zemmour c'est la violence et le chaos, a critiqué le député LFI de Seine-Saint-Denis, Bastien Lachaud, soutenu par son compère Alexis Corbière : "pour qui aime l'Histoire, ce nom est un programme de violence". De son côté, le candidat à la présidentielle a lancé deux slogans : "impossible n'est pas Français" et "pour que la France reste la France".

Composition de l'équipe d'Eric Zemmour

La composition officielle de la formation politique d'Eric Zemmour n'est pas officielle. Toutefois, le nom du directeur de campagne a été officialisé : il s'agit de Bertrand de La Chesnais, ancien major général de l'armée de terre, qui le conseillait déjà sur les questions de défense. Cet ancien militaire de 63 ans était candidat à la mairie de Carpentras lors des dernières municipales de 2020. Sans étiquette, il avait réussi, avec le soutien du Rassemblement national et du Parti Chrétien démocrate, à accéder au second tour. Il avait finalement été battu avec 39,17% des voix contre 45,81% pour le maire sortant Serge Andrieu (divers gauche).

Par ailleurs, certaines personnes sont fortement pressenties pour faire partie de l'organigramme du parti. Ainsi, parmi les soutiens proches du polémiste, le nom de Sarah Knafo est celui qui revient le plus. Cette jeune énarque de 28 ans est la plus proche conseillère et la directrice de campagne du polémiste, "celle qui recrute les collaborateurs, organise ses rencontres et son agenda, part à la recherche de parrainages auprès des élus locaux", précise LCI. Tour à tour directrice de campagne, stratège, directrice de la communication, conseillère spéciale et plume du candidat, elle était aux commandes de toute la campagne de celui qui vient de se déclarer candidat aux présidentielles.

Olivier Ubéda, le directeur national des événements d'Eric Zemmour, pourrait également être de la partie. Ancien collaborateur de personnalités de la droite française comme Alain Juppé ou Rachida Dati, il s'est occupé de l'organisation et de la communication des meetings Nicolas Sarkozy et de l'ex-ministre de la culture Franck Riester. Julien Madar fait également potentiellement partie de l'organisme de la formation politique. Responsable de la levée de fons pour la candidatures d'Eric Zemmour, il a tour à tour soutenu Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, avant de se tourner vers le polémiste. Avec le discret Jonathan Nadler, coordinateur depuis deux ans du pôle programme d'Eric Zemmour et Sarah Knafo, ils forment, à eux quatre, ceux qui sont désignés comme les "quatre mousquetaires" d'Eric Zemmour, selon Le Figaro. Ces quatre conseillers feront donc très probablement partie de l'organigramme de la formation politique du désormais candidat.

Samuel Lafont, son responsable de communication numérique, est aussi cité parmi les pressentis membres du parti à venir. Ancien membre de la campagne de François Fillon en 2017, il est par ailleurs militant au Printemps français, un mouvement dissident de La Manif pour Tous. Il a encouragé ses 33 000 abonnés Twitter à soutenir l'écrivain en relayant ses messages ou en diffusant les affiches de sa campagne. 

Stanislas Rigault, le président de "Génération Z", sera peut-être également sur la liste. Louis Marenaud, un communicant politique, en charge des événements et déplacements, Paul Rougeron, ancien étudiant des Arts et Métiers chargé des opérations, Johanna Humphrey, chargée de l'organisation logistique de la campagne, sont tout autant de noms que l'on pourra entendre ce dimanche lors de l'annonce de la composition du parti. Mais ce n'est pas tout. Antoine Diers est également une figure qui prendra potentiellement encore plus d'ampleur. Il s'agit du porte-parole des Amis d'Éric Zemmour - association créée et présidée par François Miramont qui jouera sans doute un rôle important dans la composition du parti - que l'on voit souvent sur des plateaux où il défend le potentiel candidat à l'élection présidentielle. C'est grâce à Sarah Knafo, qu'il a rencontrée lorsqu'il militait à l'UNI, qu'il a été introduit dans ce cercle politique. Il a également défilé avec La Manif pour tous.

Michel Loussouarn, un ancien militaire, serait quant à lui chargé de s'occuper "d'organiser le maillage territorial", selon LCI. Enfin, les noms de Gilbert Payet est aussi évoqué par nos confrères. Il est "le responsable financier et juridique de la campagne", également recruté par Sarah Knafo.

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