Nouveau gouvernement : d'un accord secret à une coalition assumée entre LR et le camp Macron ?

Nouveau gouvernement : d'un accord secret à une coalition assumée entre LR et le camp Macron ?

Yaël Braun-Pivet a été réélue ce jeudi comme présidente de l'Assemblée nationale. Elle a notamment bénéficié du report de voix de la candidate Horizons et du soutien de La Droite républicaine, Philippe Juvin s'étant retiré à l'issue du premier tour.

L'essentiel
  • Si le choix du président de l'Assemblée ne détermine pas nécessairement la couleur politique du futur Premier ministre, la tradition le souhaite. Voilà pourquoi, la réélection de Yaël Braun Pivot comme présidente de l'Assemblée nationale pourrait influencer le choix d'Emmanuel Macron au moment d'annoncer le remplaçant de Gabriel Attal à Matignon, et jouer un vilain tour à la gauche qui a remporté les dernières élections législatives sous la bannière du NFP.
  • La députée des Yvelines Yaël Braun-Pivet a devancé le communiste André Chassaigne et le poids lourd du RN Sébastien Chenu. Elle a notamment bénéficié du soutien de son groupe "Ensemble pour la République", mais aussi du MoDem et d'Horizons, sans oublier la droite républicaine de Laurent Wauquiez. Un accord qui fait grincer des dents à gauche.
  • Une "bataille perdue d'avance". Ce sont les mots de Marine Tondelier après l''élection de Yaël Braun-Pivet (Ensemble) au Perchoir de l'Assemblée nationale, jeudi 18 juillet. "On a perdu une bataille mais on n'a pas perdu la guerre. Tout continue pour Matignon." Selon la cheffe de file des Écologistes, la défaite d'André Chassaigne ne "change rien à [leur] détermination de gouverner, d'être à Matignon".
  • "Les Républicains, par une alliance avec Mme Yaël Braun-Pivet, ont voté pour cette présidente en échange de postes de responsabilité à l'Assemblée nationale qui seront bien au-dessus de la représentativité des Républicains" assène ce vendredi matin sur France Info André Chassaigne (PCF), battu lors du vote pour le poste de président de l'Assemblée nationale.

22:30 - Quelles sont les options pour Matignon ?

Si la gauche semblait avantagée grâce à sa majorité relative à l'Assemblée, la réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir rebat les cartes et laisse penser à une alliance entre la droite et la Macronie. Désormais, des noms circulent et pas qu'un peu. À gauche comme à droite, des prétendants se sont fait connaître. Mais lesquels sont susceptibles de réunir une majorité absolue ou un nombre d'élus suffisamment important pour pouvoir éviter une motion de censure ?

21:48 - Pas de compromis sur le programme du NFP

Jean-Luc Mélenchon refuse de trouver un compromis sur le programme du NFP pour permettre d'obtenir une plus large majorité à l'Assemblée nationale. "Proclamer à l'avance qu'on va s'en remettre à un arrangement est une aberration", a-t-il assuré sur BFMTV. 

21:01 - Un candidat NFP pour Matignon d'ici au 23 juillet

Le Parti socialiste demande un accord sur un nom de Premier ou Première ministre pour le 23 juillet. "Nous en sommes d’accord", a acquiescé Jean-Luc Mélenchon. "Puisque le Parti socialiste, qui décide de quand les choses s’arrêtent, de quand elles commencent, de qui on a le droit de proposer ou pas, a fixé la date du 23. […] Ce sont des méthodes tout à fait brutales qui nous sont appliquées de la part du Parti socialiste", a déploré le leader insoumis.

20:23 - Jean-Luc Mélenchon opposé à la candidature de Laurence Tubiana

Jean-Luc Mélenchon est toujours sceptique sur la candidature de Laurence Tubiana, proposée par les socialistes, les écologistes et les communistes pour devenir Première ministre. Interrogé par BFMTV, il estime qu'elle est "la mieux placée pour comprendre l'opposition" de LFI à sa candidature. 

19:53 - Le PS insiste pour passer par un vote pour élire le candidat à Matignon

Afin de sortir de l'impasse des négociations sur le candidat commun au poste de Premier ministre, le Parti socialiste renouvelle sa proposition de vote. "Pour sortir de toute forme de blocage, le Parti socialiste a proposé par la voix de son Premier secrétaire, que le choix de la candidate ou du candidat du Nouveau Front Populaire au poste de Premier ministre se fasse démocratiquement par un vote solennel des députés des quatre groupes (PS, EELV, PCF, LFI)", écrivent les socialistes dans un communiqué de presse. "Faire trancher des candidatures multiples par un vote, faire le choix de la démocratie n’est jamais un problème, c’est toujours l’assurance d’une solution acceptée par tous."

19:20 - La NFP est une "alliance très fragile"

Alors que la gauche a échoué à faire élire son candidat au perchoir de l'Assemblée nationale, l'avenir du NFP semble très incertain. "C’est une alliance très fragile, à mon avis, le NFP, c’est fini", juge Luc Rouban, politologue, directeur de recherche CNRS. "Je pense que ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale va se reproduire à Matignon. En clair, on avait deux possibilités de coalition : soit Renaissance et le centre gauche, mais pour cela, il fallait que LFI joue le jeu, ce qui n’a pas été le cas. Donc, la coalition a plutôt été Renaissance et LR. On passe de la possibilité d’avoir une coalition de centre gauche à une coalition de centre droite", poursuit-il auprès d'actu.fr

18:41 - Les chances de voir un Premier ministre issu du NFP s'amenuisent

Pour proposer un candidat au poste de Premier ministre, la NFP s'est déchirée. La candidature de Laurence Tubiana semble rassembler la majorité des partis de gauche. Issue de la société civile, elle pourrait prendre la place de Gabriel Attal à certaines conditions. "Si Laurence Tubiana accepte de faire un gouvernement de centre droit, cela pourrait fonctionner, ce n'est pas impossible qu’elle accepte, elle est compatible avec le macronisme. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura pas de membres de LFI au gouvernement si c'est elle à sa tête", assure Luc Rouban, directeur de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), interrogé par actu.fr

17:54 - Qui pour remplacer Gabriel Attal à Matignon ?

Si la gauche semblait avantagée grâce à sa majorité relative à l'Assemblée, la réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir rebat les cartes et laisse penser à une alliance entre la droite et la Macronie. Désormais, des noms circulent et pas qu'un peu. À gauche comme à droite, des prétendants se sont fait connaître. Mais lesquels sont susceptibles de réunir une majorité absolue ou un nombre d'élus suffisamment important pour pouvoir éviter une motion de censure ?

17:36 - "Nous avons pris nos responsabilités" assume Véronique Louwangie (LR)

"Nous avons pris nos responsabilités pour éviter que l'Assemblée nationale soit présidée par un député communiste ou du Nouveau Front populaire" indique ce vendredi sur X la députée de La Droite républicaine, Véronique Louwangie, après l'élection de Yaël Braun-Pivet comme présidente de la chambre basse du Parlement. Une alliance assumée entre les Républicains non ralliés au RN et le camp Macron qui pourrait avoir un impact sur la prochaine nomination du nouveau Premier ministre.

17:12 - "Une alliance ne peut pas reposer uniquement sur la droite républicaine"

"Ce que dit ce vote, c'est que désormais, pour réussir à obtenir des résultats, il faut trouver des compromis, dialoguer entre forces politiques", indique le député Ensemble pour la République Marc Ferracci, au lendemain de la réélection de Yaël Braun-Pivet à la tête de l'Assemblée nationale. En revanche, "Une alliance ne peut pas reposer uniquement sur la droite républicaine (...) j'espère que le dialogue va se nouer avec les forces de gauche qui sont des forces républicaines et qui ne sont pas La France insoumise" explique-t-il sur France Info.

16:12 - La droite exige 7 postes clés à l'Assemblée nationale auprès du camp Macron

En échange de son soutien à Yaël Braun-Pivet lors du vote pour le président de l'Assemblée nationale, La Droite républicaine exige désormais jusqu'à 7 postes auprès du camp Macron lors de la répartition des postes clés dans l'hémicycle, ce vendredi 19 juillet. La droite menée par Laurent Wauquiez souhaite un voire deux vice-présidents, un poste de questeur, deux de secrétaire ainsi que la présidence de la commission des finances (elle se jouera samedi). 

15:45 - "Quelle honte", Manuel Bompard (LFI) fustige le nouvel accord entre le camp Macron et la droite

Rebelote pour la présidence de la commission des finances, le camp Macron est une nouvelle fois accusé par l'opposition de bafouer "à nouveau les règles en annonçant leur participation à l'élection de la présidence de la commission des finances. Quelle honte" indique le Coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard sur X, répondant à un post d'une journaliste indiquant le soutien de la Macronie à la candidate de La Droite républicaine, Véronique Louwagie "en vertu de l'accord scellé entre Ensemble pour la République et La Droite républicaine".

15:17 - Hervé Marseille : "on peut trouver des alliances et des accords pour un gouvernement"

"Si on partage les mêmes valeurs et qu’on a le souci du pays, on peut trouver des alliances et des accords pour un gouvernement (...) je pense qu’il n’y a pas d’autre solution. la proposition de Gabriel Attal répond d’ailleurs au pacte législatif qui est mis en musique par Laurent Wauquiez, sur des propositions qui se rapprochent de ce que demande Gabriel Attal. Il y a matière à une politique pour la France, pour les prochains mois" déclarait cette semaine Hervé Marseille, sénateur centriste et président de l’Union des démocrates indépendants (UDI) qui soutient le bloc présidentiel

14:50 - La Droite républicaine souhaitait "faire barrage" à la gauche

Lors de l'élection de Yaël Braun-Pivet comme présidente de l'Assemblée nationale, le camp Macron a bénéficié du "pacte législatif" proposé par La Droite républicaine lors de ce scrutin. Une stratégie qui pourrait se répéter prochainement, lors de la nomination du futur Premier ministre par Emmanuel Macron. 

Le porte-parole de La Droite républicaine Vincent Jambrun affirme avoir voulu "faire gagner (ses) idées", celles de la droite. Dans ce pacte proposé à Ensemble, l'alliance présidentielle, Vincent Jambrun l'assume, il souhaitait "faire barrage" à la gauche. "Heureux que l'Assemblée nationale ne soit pas présidée par La France insoumise et ses alliés" indique-t-il au micro de BFMTV.

13:12 - Laurence Tubiana se dit prête à appliquer le programme NFP comme Première ministre

Si elle fait l'unanimité auprès du PS, du PCF et des Ecologistes, ce n'est pas le cas de LFI. Les Insoumis s'opposent fermement à la candidature de l'économiste de 73 ans Laurence Tubiana, au poste de Première ministre. Un poste qui ne fait visiblement pas peur à la principale intéressée. Dans un entretien accordé à l'Agence France Presse, elle se confie sur ses ambitions pour Matignon : "Je ne demande rien, mais c'est le moment de l'engagement et cela me correspond (...) quand il y a une crise politique, il faut y répondre. Il y a besoin d'une personne de gauche, si cela doit être moi, je le fais", affirme-t-elle.

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Dans quel délai le nouveau gouvernement sera-t-il nommé ?

Disons le d'emblée, pas tout de suite. Lors de son discours annonçant qu'il remettrait sa démission au soir du second tour des législatives le 7 juillet, Gabriel Attal a précisé qu'il "assumer[ait] [s]es fonctions aussi longtemps que le devoir l'exigera." Autrement dit, Emmanuel Macron ne sera pas obligé de l'accepter tout de suite et même une fois cette démission actée, un "gouvernement démissionnaire" pourrait rester en place. Pour rappel, Emmanuel Macron avait mis trois semaines avant d'officialiser le départ de Jean Castex à l'issue de l'élection présidentielle de 2022.

Tout d'abord, le futur Premier ministre ne sera pas connu rapidement car Emmanuel Macron est contraint par son agenda. Parti en début de semaine aux Etats-Unis pour un sommet de l'Otan, il n'est revenu en France que jeudi. Par ailleurs, il a annoncé vouloir attendre la "structuration" de l'Assemblée (notamment la constitution des groupes et l'élection de leurs présidents) pour nommer un nouveau chef de gouvernement. Dans une lettre aux Français publiée le 10 juillet, il a par ailleurs estimé qu'il fallait "laisser un peu de temps aux forces politiques pour bâtir [des] compromis avec sérénité et respect de chacun. D’ici là, le Gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités puis sera en charge des affaires courantes comme le veut la tradition républicaine".

Compte-tenu de la composition de l'Assemblée nationale, le président de la République aura pour mission de trouver un Premier ministre capable de rassembler l'adhésion d'au moins 289 députés. Il en va de même des ministres que ce dernier devra ensuite proposer. Le cas contraire, le nouveau gouvernement serait exposé dans son ensemble à une motion de censure qui, si elle était votée par plus de la moitié des élus, entrainerait le renversement de l'équipe ministérielle. Il faudrait donc tout recommencer.

Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron va devoir ménager toutes les sensibilités, de gauche évidemment, du centre naturellement, mais aussi de droite. Si le NFP est arrivé en tête, le chef de l'Etat a déjà exclu de gouverner avec les députés LFI. Exit donc cette soixantaine d'élus, qui pourrait être compensée par la soixantaine de LR qui devraient à nouveau intégrer le palais Bourbon. Trouver des personnalités qui conviennent aux écologistes, socialistes, communistes, macronistes et républicains ne sera pas chose aisée. Sans parler des points programmatiques sur lesquels tout le monde devra se mettre d'accord. Les négociations s'annoncent encore longues et complexes. Autant dire que Gabriel Attal devrait faire du rab…

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