Nuremberg : que vaut le film historique avec Russell Crowe ? Notre critique Le long-métrage qui revient sur l'historique procès de Nuremberg et d'Hermann Göring est sorti au cinéma le 28 janvier 2026.

Quatre-vingt ans après la conclusion de l'historique procès de Nuremberg, le réalisateur James Vanderbilt rejoue l'événement au cinéma. Comme son nom l'indique, Nuremberg revient sur ce moment judiciaire unique, qui a défini et jugé pour la première fois des crimes contre l'humanité, au nom de la communauté internationale.

Dans le détail, ce procès mené par les puissance alliés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale vient juger 24 des principaux responsables du Troisième Reich encore en vie, et notamment Hermann Göring, ministre de l'aviation du Reich pendant onze ans pour les crimes commis durant ce conflit, et notamment pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre, et crimes contre l'humanité.

Le film en salles depuis le 28 janvier 2026 adapte l'ouvrage The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai. Il s'intéresse principalement au rôle du psychiatre Douglas Kelley (Rami Malek, connu pour Bohemian Rhapsody et Mr Robot) lors de ce procès et sa relation avec Hermann Göring (Russell Crowe). Leo Woodall (Un jour), Michael Shannon (La forme de l'eau, Take Shelter) et Richard E. Grant (Saltburn, Star Wars 9) complètent la distribution.

Notre avis sur Nuremberg

Le réalisateur James Vanderbilt a bien fait ses devoirs : Nuremberg est un exposé clair et pédagogique sur cet événement historique. La reconstitution coche toutes les cases de la fresque hollywoodiennes (un casting de stars, une mise en scène léchée...), et le propos est extrêmement limpide. Le long-métrage s'intéresse à la manière dont on peut reconnaître "les monstres", qui sont en réalité des hommes qui peuvent apparaître sympathiques à première vue, l'importance de l'engagement de chacun avant qu'il ne soit trop tard et alerte sur le risque potentiel du retour de l'horreur. En convoquant l'histoire, Nuremberg réussit à rester très contemporain et pertinent pour le public de 2025.

Mais Nuremberg souffre d'un classicisme et d'un académisme qui l'empêche de devenir un grand film historique qui peut faire date. Rami Malek déçoit Nuremberg, surtout face à la partition mastodonte Rusell Crowe et la finesse de Leo Woodall. Trop propre, trop sage, trop long, trop didactique, le récit semble parfois être davantage un cours d'histoire et manque d'immersion pour véritablement concerner le public. On peut pardonner ces défauts, qui a le mérite de rappeler un événement historique majeur qui commence peut-être à devenir lointain pour le public de 2025.

En revanche, on pardonne moins les ficelles narratives grossières (le monologue sur le quai de gare, incarné, est bien interprété mais d'une lourdeur...), et encore moins le traitement extrêmement maladroit (au mieux...), de la connivence entre le psychiatre et la famille de Göring. Si l'on comprend l'intention derrière (montrer qu'on peut se faire duper et séduire par des criminels de guerre), la manière romantique et sentimentale dont ce pan du film est traité dérange. Nuremberg reste une oeuvre de mémoire parfaite pour illustrer un cours d'histoire au collège. Ni plus, ni moins.

Synopsis - Plongeon au coeur du procès historique intenté par les Alliés après la chute du régime nazi en 1945. Le psychiatre américain Douglas Kelley est chargé d'évaluer la santé mentale des hauts dignitaires nazis afin de déterminer s'ils sont aptes à être jugés pour leurs crimes de guerre. Mais face à Hermann Göring, bras droit d'Hitler et manipulateur hors pair, Kelley se retrouve pris dans une bataille psychologique aussi fascinante que terrifiante.

Film dramatique