Nouveau gouvernement : le "ni-LFI ni-RN" fait l'unanimité de la droite jusqu'au centre

Nouveau gouvernement : le "ni-LFI ni-RN" fait l'unanimité de la droite jusqu'au centre

La gauche répète vouloir former un gouvernement du Nouveau Front populaire, mais ne donne pas de noms. Tandis que de la droite jusqu'à camp présidentiel représenté par Gabriel Attal on assure de vouloir ni du RN, ni de LFI au gouvernement.

L'essentiel
  • Toujours pas de coalition en vue pour former un nouveau gouvernement, comme l'a appelé Emmanuel Macron. Les partis de gauche continuent de négocier pour trouver un équipe gouvernemental et un Premier ministre du Nouveau Front populaire, mais après la droite c'est le RN qui a promis de censurer "tout gouvernement où des LFI et des écologistes auraient des responsabilités ministérielles".
  • Alors que la gauche enjoint Emmanuel Macron à nommer un Premier ministre et un gouvernement de gauche après les législatives, le camp présidentiel a missionné ses membres de se rapprocher des socialistes pour "sonder" le parti, mais sans rechercher une coalition rapporte Franceinfo.
  • Il convient de nommer un Premier ministre de gauche et d'inclure le Nouveau Front populaire dans le nouveau gouvernement selon l'ancien ministre de droite Dominique De Villepin qui invite Emmanuel Macron a respecter le résultat des législatives. Le chef de l'Etat a, lui, estimé dans une lettre qu'aucun camp politique n'avait remporté le scrutin et a appelé les forces politiques qui s'inscrivent dans l'arc républicain "d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays".
En direct

22:47 - La gauche sur le point de tomber d'accord sur une candidate pour Matignon ?

FIN DU DIRECT - Serait-ce de la fumée blanche que l'on aperçoit au loin ? Après une semaine d'intenses tractations au sein du Nouveau Front populaire, l'union de gauche n'avait toujours pas annoncé de nom pour une candidature commune à Matignon vendredi soir. Toutefois, à l'occasion d'une conférence qu'il donnait à Paris, Jean-Luc Mélenchon a confié approuver le profil d'Huguette Bello. Elle "coche de nombreuses cases", a-t-il déclaré, évoquant une "femme racisée et féministe antiraciste" avec "une vie entière qui est la démonstration de sa capacité à ne se laisser impressionner par personne". Et l'insoumis de révélé que "trois formations [du Nouveau Front populaire] au moins se sont mises d’accord", LFI, les communistes et les écologistes. Il semble donc qu'il ne manque plus que le feu vert des socialistes !

21:20 - Les Républicains ne "toléreron[t] pas un gouvernement de ce Nouveau Front populaire", affirme Bellamy

Convié sur le plateau de LCI vendredi soir, le républicain François-Xavier Bellamy a redit la position de son camp : "Nous gardons notre indépendance, mais nous sommes prêts à faire avancer la France." Questionné sur un gouvernement de type centre-gauche, le député européen n'y est pas allé par quatre chemins : "Nous ne tolérerons pas un gouvernement de ce Nouveau Front populaire parce que ce serait un vol de la démocratie."

20:23 - Pourquoi une démission du gouvernement le 17 juillet pourrait bien avoir lieu ?

Selon la docteure en droit public Mélody Mock-Gruet, Emmanuel Macron, qui a refusé lundi la démission de son Premier ministre, pourrait finalement l'accepter le 17 juillet au plus tard. Et pour cause, le lendemain, le 18 juillet donc, se joueront de nombreuses élections qui ont vocation à distribuer les postes clés de l'Assemblée à certains députés. Or, pour s'assurer de ne pas tout perdre au sein du palais Bourbon, le camp présidentiel aura besoin de toutes les voix possibles, dont celles des 17 ministres fraîchement réélus dans leur circonscription. Des voix que ces derniers ne pourraient pas donner s'ils étaient encore ministres, n'ayant eux-mêmes pas le droit de siéger et leurs suppléants ne pouvant les remplacer que dans un mois. TF1 Info avance également que, si le gouvernement ne démissionne pas, il pourrait faire l'objet, dès le 19 juillet, du vote d'une motion de censure, ce qui serait vu comme un nouveau revers pour le camp présidentiel déjà sorti affaibli des législatives. 

19:21 - L'appel de Rachida Dati à la droite

Dans les colonnes du Parisien ce vendredi soir, celle qui reste pour l'heure ministre de la Culture a appelé "la droite républicaine à soutenir une coalition". "Nombreuses sont aujourd’hui les personnalités de la droite républicaine à vouloir s’engager dans la recherche d’une coalition pour l’intérêt de la France", a-t-elle commencé par constater, avant de lancer : "J’appelle la droite républicaine à soutenir une coalition. Nos électeurs ne nous pardonneraient pas d’avoir refusé la main tendue par le président de la République, alors qu’il s’agit d’éviter le chaos au pays", précisant par ailleurs que "les discussions ne sont pas figées".

18:05 - "Je comprends que c'est difficile de lâcher le pouvoir", selon Léon Deffontaines

"Je comprends que c’est difficile de lâcher le pouvoir mais les Français ont tranché : ils ne veulent plus de la politique menée par Emmanuel Macron et ils ont placé le NFP en tête", a défendu le communiste Léon Deffontaines sur Europe 1. "Je ne veux pas gouverner par 49.3 et je ne veux pas que le NFP gouverne uniquement par décrets", a-t-il souligné. 

17:45 - Des syndicats étudiants appellent à un rassemblement pour défendre un gouvernement issu du NFP

Les syndicats l'Union étudiante et l'Union syndicale lycéenne appellent à un rassemblement à Paris, dimanche soir, "pour un gouvernement du Nouveau Front populaire".Emmanuel Macron "doit nommer un.e Premièr.e ministre du Nouveau Front populaire", estiment-ils, appelant "toutes les organisations associatives, syndicales et politiques à rejoindre nos rassemblements partout en France".

17:24 - Macron défend "la Nation plutôt que les ambitions prématurées"

Lors d'une réunion avec Gérald Darmanin, Élisabeth Borne et Gabriel Attal, Emmanuel Macron a appelé à "œuvrer à un rassemblement" et à "apaiser". Il aurait défendu "la Nation plutôt que les ambitions prématurées", selon l'un des participants interrogé par BFMTV. Le président aurait également prôné pour un retour aux "valeurs originelles" de son camp "au projet depuis sept ans". "La vie des gens c’est notre objectif, jamais un décor", aurait-il affirmé. 

16:24 - "Il y a urgence" s'agace Fabien Roussel

"Il y a urgence à trouver une solution" estime Fabien Roussel, le patron du parti communiste sur BFMTV. Au sujet des négociations au sein du Nouveau Front populaire, il appelle à trouver un "consensus" et plus précisément à l'adresse des socialistes et des insoumis qui proposent des candidats issus de leur camp respectif et campent leur position. "Il nous faut sortir par le haut maintenant. Chacun est face à ses responsabilités. Ni le Parti socialiste, ni La France insoumise ne peuvent dire 'c'est nous ou rien"".

15:15 - "La Nation plus que les ambitions" : Macron donne le temps dans son camp

Emmanuel Macron s'est entretenu avec Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Élisabeth Borne ce vendredi à la mi-journée pour donner le ton et clarifier la ligne à avoir après les législatives et en vu de la nomination du prochain gouvernement. Il a appelé à "œuvrer à un rassemblement" et à "apaiser" après avoir repris ses troupes sur les divergences internes affichées cette semaine et affaiblissant le camp présidentiel. "La Nation plutôt que les ambitions prématurées", a-t-il mis prévenu rapporte BFMTV. "La vie des gens c’est notre objectif, jamais un décor", a-t-il ajouté selon la même source appelant à revenir aux "valeurs originelles" du parti.

14:22 - La "ligne politique" et le fonctionnement de Renaissance doivent être revu selon Darmanin

Gérald Darmanin, un temps présenté comme candidat pour la présidence du groupe Renaissance à l'Assemblée, n'est finalement pas en lice puisque Gabriel Attal est le seul candidat au poste et sera, sans surprise, élu ce samedi matin. Si le ministre de l'Intérieur ne s'est pas opposé au Premier ministre il a précisé sa façon de penser dans un message envoyés ce vendredi aux députés du camp présidentiel : "Chers amis, l'unité de notre groupe est très importante mais l'unité (comme la vie de couple ;-)) ne se décrète pas : elle se construit chaque jour..." Gérald Darmanin a ajouté que "les élections au sein du groupe ne règlent cependant en aucun cas les deux problèmes majeurs qui sont les nôtres : notre ligne politique", ni "le fonctionnement du parti et la nécessaire représentation des territoires et des sensibilités".

13:45 - Selon Sylvain Maillard, il faut entre 250 et 300 députés pour une Assemblée stable

"Il nous faut 250/300 députés pour avoir une assemblée nationale stable, et ça va prendre du temps. Les gens sont effrayés que nous ne trouvions pas une majorité, ou pire encore, que LFI soit au pouvoir en France", a avancé le député Renaissance Sylvain Maillard. "On peut vivre dans un monde parallèle mais les mathématiques vous rappellent à la réalité : ils n'ont même pas 200 députés, ça ne peut pas fonctionner, il faut être réaliste", a-t-il affirmé au sujet du Nouveau Front populaire. 

13:23 - Huguette Bello Première ministre ?

Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion et membre du PCF, pourrait être proposée par le NFP pour devenir Première ministre, selon des informations de l'Humanité. C'est "un très bon nom" pour Matignon, selon le député insoumis Antoine Léaument, interrogé par BFMTV. 

13:09 - François-Xavier Bellamy appelle à refuser le "en même temps"

"On doit refuser le en même temps", car "notre but n'est pas de chercher la compromission, la coalition", a estimé le député européen LR François-Xavier Bellamy sur France inter.  Il faut, selon lui, reconstruire le "clivage droite/gauche". "Une manière de s'en sortir serait d'identifier un Premier ministre au-dessus des partis politiques", a-t-il avancé. 

12:50 - Pour Jean-Noël Barrot, "le compromis" est la seule option

"La seule majorité arithmétiquement soutenable" va "de la gauche modérée à la droite modérée", selon le ministre délégué chargé de l'Europe et député des Yvelines. Il estime que "le compromis" est la seule option pour "s'épargner l'instabilité gouvernementale". Il a demandé sur Sud Radio au Nouveau Front populaire de "se tourner vers les autres". 

12:37 - Alexis Corbière souhaite voter pour choisir un Premier ministre

"Pourquoi ne pas réunir tous les députés du Nouveau Front populaire pour qu'ils décident, par des votes, qui peuvent être le Premier ministre et l'équipe gouvernementale ?", s'est demandé Alexis Corbière sur LCI. "Ça permettrait d'avoir un nom qui rassemble majoritairement parmi les députés", estime-t-il. 

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Dans quel délai le nouveau Premier ministre sera-t-il nommé ?

Disons le d'emblée, pas tout de suite. Lors de son discours annonçant qu'il remettrait sa démission, Gabriel Attal a précisé qu'il "assumer[ait] [s]es fonctions aussi longtemps que le devoir l'exigera." Autrement dit, Emmanuel Macron ne sera pas obligé de l'accepter tout de suite. Pour rappel, il avait mis trois semaines avant d'officialiser le départ de Jean Castex à l'issue de l'élection présidentielle de 2022.

Tout d'abord, le futur locataire de Matignon ne sera pas connu d'ici quelques jours car Emmanuel Macron est contraint pas son agenda. Le chef de l'Etat ne se précipitera pas à nommer quelqu'un dès lundi et il doit ensuite partir pour Washington mardi, pour un sommet de l'Otan. Il ne sera de retour à Paris que jeudi. Il faudra donc, a minima, patienter tout au long de la semaine. Dans les meilleurs délais.

Car compte-tenu de la composition de l'Assemblée nationale, le président de la République aura pour mission de trouver une personne portant un programme capable de rassembler l'adhésion d'au moins 289 députés. Le cas contraire, il s'exposerait le gouvernement à une motion de censure qui, si elle était votée par plus de la moitié des élus, entrainerait le renversement de l'équipe ministérielle. Il faudrait donc tout recommencer.

Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron va devoir ménager toutes les sensibilités, de gauche évidemment, du centre naturellement, mais aussi de droite. Si le NFP est arrivé en tête, le chef de l'Etat a déjà exclu de gouverner avec les députés LFI. Exit donc cette soixantaine d'élus, qui pourrait être compensée par la soixantaine de LR qui devraient à nouveau intégrer le palais Bourbon. Trouver une personnalité qui convienne aux écologistes, socialistes, communistes, macronistes et républicains ne sera pas chose aisée. Sans parler des points programmatiques sur lesquels tout le monde devra se mettre d'accord. Les négociations s'annoncent longues et complexes. Autant dire que Gabriel Attal devrait faire du rab…

Qui pourrait être nommé Premier ministre ?

Un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire ?

Qui dit situation politique inédite, dit flou total sur l'identité du futur Premier ministre. Dès l'annonce des résultats, la gauche a demandé à gouverner, au titre qu'elle représente la première force de l'Assemblée nationale. Cependant, le Nouveau Front populaire n'est pas d'accord sur la manière de désigner la personne qui pourrait être proposée à Emmanuel Macron : est-ce au parti politique de gauche comptant le plus de députés d'imposer une figure ou à tous les élus du NFP de voter parmi plusieurs propositions ?

Clémentine Autain (LFI) a demandé aux communistes, socialistes et écologistes de se réunir dès lundi "en assemblée plénière" pour désigner une personne. Avec un prérequis : ni François Hollande, ni Jean-Luc Mélenchon. Quoi qu'il en soit, la gauche veut s'installer à Matignon. Emmanuel Macron a "le devoir d'appeler le Nouveau Front populaire à gouverner" selon Jean-Luc Mélenchon. Marine Tondelier, Manuel Bompard, Mathilde Panot, Olivier Faure… Il y a presqu'autant de supputations que de leaders.

Un Premier ministre de coalition ?

Toutefois, rien n'oblige Emmanuel Macron à céder aux appels du pied de la gauche. Le président de la République pourrait tout à fait faire le choix de désigner une autre personne, capable de mener un rassemblement politique de la gauche à la droite, afin qu'une majorité se dégage à l'Assemblée. 

Reste à savoir qui pourrait incarner cette figure. Le quotidien avance l'hypothèse de Charles de Courson, plus vieux député de l'Assemblée et figure centriste découverte par le grand public lors de son opposition à la réforme des retraites. Le Point rappelle de son côté que le président du Sénat, Gérard Larcher, est souvent cité pour Matignon. Cependant, cette dernière hypothèse a pris sérieusement du plomb dans l'aile depuis que c'est la gauche qui est arrivée en tête aux législatives. Même en cas de coalition, le chef du gouvernement devrait forcément avoir une sensibilité de gauche.

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