Sondages des législatives 2024 : un duel entre la gauche et le RN

Sondages des législatives 2024 : un duel entre la gauche et le RN

Les résultats des sondages dessinent des tendances claires pour les législatives : l'extrême droite et l'union de la gauche profitent d'une nette avance sur la majorité présidentielle.

Quelle force politique sera majoritaire à l'Assemblée nationale à l'issue des élections législatives des 30 juin et 7 juillet ? La campagne s'articule autour de trois blocs : l'union de la gauche sous la bannière du Nouveau Front populaire, l'extrême droite qui a conclu un accord avec une petite partie de LR et enfin la majorité présidentielle qui souhaite s'élargir, sans succès.

Deux de ces blocs sont donnés au dessus des 20% d'intentions de vote dans les résultats des sondages des législatives. C'est au Rassemblement national puis au Nouveau Front populaire que les études donnent un avantage par rapport à la majorité présidentielle qui pourrait devenir la troisième forme de l'hémicycle après les élections. Emmanuel Macron aurait alors perdu son pari après la dissolution de l'Assemblée nationale. Mais les tendances peuvent encore changer durant la campagne et l'issue du scrutin peut réserver des surprises.

Les résultats des sondages sur les élections législatives sont intéressants pour appréhender les tendances et les préférences des électeurs à un instant T, mais ils ne doivent pas être considérés comme des prédictions. D'autant que pour les élections législatives, l'échelle locale du scrutin a son importance puisque dans chacune des 577 circonscriptions, dont certaines penchent plus à gauche et d'autres plutôt à droite, un seul député sera élu. Or, les sondages sont réalisés sur un panel représentatif mais à l'échelle nationale.

Quels sont les résultats des sondages au 1er tour des législatives ?

► Le dernier sondage intentions de vote

Le Rassemblement national reste au dessus de la barre des 30% d'intentions de vote dans le dernier sondage publié par Ifop pour LCI. Il atteint la barre symbolique d'un tier des intentions de vote et distance la coalition de gauche qui est donnée en deuxième position. L'extrême droite a été crédité de 35% au maximum dans un sondage Ifop pour le JDD.

C'est la majorité présidentielle qui complète le trio de tête avec un score toujours inférieur aux deux premiers groupes d'opposition. Ces estimations sont nationales, et n'éclairent pas sur les rapports de force politiques locaux. Mais ce dernier sondage montre que les candidats de la majorité présidentielle partent globalement avec moins de chances de se qualifier au deuxième tour que les autres candidats du Rassemblement national ou du Nouveau front populaire.

NB : les listes affichant 0.0% n'ont pas été mesurées en tant que telles par l'institut dans le dernier sondages d'intentions de vote.

► La courbe d'évolution des sondages

Les sondages intentions de vote sur les élections législatives peuvent évoluer selon les faits de campagne et notamment l'offre politique qui sera proposée les 30 juin et 7 juillet. Voici les évolutions observées a fur et à mesure des enquêtes des instituts. Un indicateur des dynamiques qui peuvent peser sur les résultats de l'élection :

Quels résultats au 2e tour des législatives et quelle projection en nombre de sièges ?

Ces estimations donnent une première idée de la nouvelle composition de l'Assemblée nationale : d'après le sondage Cluster  pour Le Point du 14 juin, le RN deviendrait le premier groupe de l'Assemblée avec 195 à 245 sièges (contre 89 actuellement). L'alliance de la gauche formerait la deuxième force avec 190 à 235 sièges (contre 153) et le groupe de la majorité présidentielle perdrait en puissance avec 70 à 100 sièges (contre 249). Les Républicains sont donnés dans une fourchette de 25 à 35 sièges (contre 74).

La majorité absolue étant à 289, le parti à la flamme ne serait pas en mesure de régner en maître sur l'Assemblée nationale, mais il lui suffirait de quelques voix alliées pour avoir la mainmise sur le pouvoir législatif. Elle serait donc à ça de voir un de ses membres être nommé Premier ministre et d'autres être désignés au sein du gouvernement. Aujourd'hui, le RN compte 89 élus. Il en disposait de 8 en 2017. A cette époque, La République en Marche (devenue Renaissance) cumulait 308 sièges. Après sa chute de 2022 à 244 députés, perdant ainsi la majorité absolue, le parti fondé par Emmanuel Macron poursuivrait donc sa dégringolade.

Notons que fin 2023, le parti Les Républicains avait commandé un sondage à l'institut Ipsos sur les intentions de vote des Français si des élections législatives avaient lieu très prochainement. Dévoilés en mars 2024 par L'Obs, les résultats montraient que l'Assemblée nationale pouvait grandement pencher à l'extrême droite, voire même passer en majorité RN. Selon les réponses obtenues par Ipsos, entre 243 et 305 sièges pourraient être décrochés par la formation de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

A noter que selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié le 16 juin, 32% des Français souhaitent une victoire du RN, 26% disent vouloir une victoire de l'alliance de gauche, le Nouveau Front populaire, et 17% veulent que ce soit Renaissance et la majorité présidentielle qui remportent ces législatives 2024. 25% des sondés n'ont pas d'avis sur la question.

577 élections locales, le RN fort dans la ruralité

Les hypothèses nationales se heurtent parfois aux réalités de terrain, où le choix du vote n'est pas toujours fait en fonction de ses convictions. Certains territoires le prouvent. Les territoires les plus ruraux et les circonscriptions constituées de petites communes semblent plus enclines à voter pour le Rassemblement national, c'est d'ailleurs ce qui se dégage de l'analyse des résultats des européennes 2024. Les communes rurales de 2000 à 20 000 habitants ont largement opté pour Jordan Bardella dimanche 10 juin, comme le démontre l'enquête Elabe pour La Tribune et BFMTV.

© Elabe

Il n'en demeure pas moins que les sondage mettent avant une dynamique pour l'extrême droite qu'il convient de regarder avec attention : les enquêtes sur les intentions de vote des électeurs réalisées avant les derniers scrutins (présidentielle, législatives, européennes) sont de moins en moins éloignées de la réalité du dépouillement. Les résultats aux européennes étaient d'ailleurs particulièrement bien anticipés par les sondeurs.

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