Salaire des maires : combien gagnent les maires dans les grandes et petites communes ?
Les électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 15 mars, jour de premier tour d'élections municipales, afin d'élire leur maire. Bien que cette fonction soit au cœur de la vie citoyenne, une confusion persiste souvent dans l'esprit du public : les maires et leurs adjoints ne sont pas des employés communaux. Ils ne perçoivent pas de salaire pour leurs activités en mairie, une réalité qui contraste avec certains fantasmes imaginant les élus locaux dotés de situations financières extrêmement aisées.
Il faut aussi rappeler qu'être maire n'est pas un métier mais un engagement de service public. Comme l'explique Jessie Orvain, élue à Isigny-le-Buat, sur France info régions, le mandat est une mission de six ans qui se conjugue souvent avec une autre activité professionnelle. Selon l'article L2123-17 du Code général des collectivités territoriales, les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont en principe gratuites. En contrepartie des responsabilités exercées, l'élu perçoit des indemnités de fonction. Ces sommes ne sont pas une rémunération du travail mais une compensation pour le temps et les frais engagés par l'édile, qui agit à la fois comme officier d'état civil pour les mariages ou les naissances, et comme officier de police judiciaire sur son territoire.
L'indemnité versée aux maires est strictement encadrée par la loi et varie selon le nombre d'habitants de la commune. Elle est fixée par le Code général des collectivités territoriales en pourcentage de l'indice brut terminal de la fonction publique. Les montants ont connu plusieurs revalorisations pour tenir compte de la complexité croissante des dossiers municipaux. Dans une commune de moins de 500 habitants, l'indemnité mensuelle brute s'élève désormais à environ 1 100 euros, tandis qu'elle atteint plus de 6 000 euros pour les maires des grandes métropoles. Il est à noter que seules 910 communes françaises comptent plus de 10 000 habitants, ce qui signifie que la grande majorité des maires de France perçoivent une indemnité inférieure à 2 500 euros brut par mois.
L'indemnité d'un maire peut être supérieure au barème classique dans des cas précisément définis par le Code général des collectivités territoriales. Les communes chefs-lieux de canton, de département ou les stations classées de tourisme peuvent voter une majoration de l'indemnité du maire qui est souvent de 15 % à 25 %. De plus, dans les communes de 100 000 habitants et plus, le conseil municipal peut décider d'une majoration pouvant atteindre 40 % du plafond légal. Cette année, l'indemnité maximale pour le maire d'une très grande ville atteint ainsi 5 960,26 € brut, hors majorations exceptionnelles. À noter que le cumul total des indemnités (mairie + intercommunalité + département/région) est plafonné à 1,5 fois le montant de l'indemnité parlementaire, soit environ 8 897,93 € brut par mois. Enfin, dans ce cas, tout surplus est automatiquement reversé au budget de la collectivité.
| Population (nombre d'habitants) | Indemnité Maire (brut/mois) | Indemnité Adjoint (brut/mois max) |
| Moins de 500 | 1 155,06 € | 447,64 € |
| De 500 à 999 | 1 820,96 € | 483,81 € |
| De 1 000 à 3 499 | 2 289,56 € | 878,83 € |
| De 3 500 à 9 999 | 2 396,44 € | 958,57 € |
| De 10 000 à 19 999 | 2 778,71 € | 1 175,61 € |
| De 20 000 à 49 999 | 3 699,47 € | 1 356,47 € |
| De 50 000 à 9 999 999 | 4 521,58 € | 1 808,63 € |
| Plus de 100 000 | 5 960,26 € | 2 712,95 € |
Ces chiffres varient selon des critères spécifiques liés au tourisme, au statut de chef-lieu ou à des situations de sinistres particuliers. La loi Gatel, dont les dernières dispositions sont entrées en vigueur en février 2026, a d'ailleurs renforcé ce système. Elle permet notamment une augmentation des plafonds d'indemnités pour les maires des villages de moins de 1 000 habitants, afin de mieux reconnaître la charge de travail colossale des élus ruraux. Ce dispositif vise également à compenser l'impact de l'inflation pour les édiles des communes de moins de 20 000 habitants, dont les responsabilités administratives n'ont cessé de croître ces dernières années.
Aujourd'hui, plus de la moitié des maires en France sont retraités, une proportion qui s'explique par la difficulté de concilier un mandat d'édile avec une carrière salariée à plein temps. Pour ceux qui sont encore en activité, les journées à rallonge sont la norme, mêlant vie professionnelle et gestion des affaires communales. Ce dévouement reste le socle de la démocratie de proximité, malgré les contraintes financières et le temps personnel sacrifié au profit de la collectivité.
La nouvelle grillde d'indémnité
L'entrée en vigueur de la loi Gatel vient modifier les plafonds des indemnités de fonction de maire dès le début du mandat municipal de 2026. Pour les communes de moins de 500 habitants, l'indemnité maximale brute passe de 1 048 € à 1 155,06 € par mois, soit un taux de 28,1 % de l'indice brut. Cette revalorisation est dégressive selon la taille de la commune. Une ville de moins de 1000 habitants touchera +10 %. +8 % pour celles de 1 000 à 3 499 habitants, et +4 % jusqu'à 19 999 habitants. Au-delà de 20 000 habitants, les montants restent inchangés par rapport aux plafonds de 2025. Cette mesure législative vise à répondre à la "crise des vocations" et mieux reconnaitre la charge de travail croissante des élus ruraux, tout en indexant ces montants sur "la valeur du point d'indice de la fonction publique" qui réactualisé au 1er janvier 2026.
Bien que les indémnités soient soumises aux cotisations sociales, une partie de la somme perçue par le maire échappe à l'impôt sur le revenu. C'est ce qu'on appelle la "Fraction Représentative des Frais d'Emploi". Avec la loi Gatel, cette part exonérée a été réindexée pour atteindre environ 1 600 € par mois en 2026 pour un élu ne bénéficiant pas d'autres frais de représentation. Concrètement, pour un maire de petite commune touchant 1 155 € brut, l'intégralité de l'indemnité est nette d'impôt car elle est considérée comme un dédommagement des frais personnels engagés notament les déplacements, les frais de réception, pour l'exercice de la fonction. Ce mécanisme garantit que l'engagement citoyen ne coûte pas d'argent à l'élu.