Résultat de Christian Estrosi à la municipale 2026 à Nice : son annonce choc après une cuisante défaite

Résultat de Christian Estrosi à la municipale 2026 à Nice : son annonce choc après une cuisante défaite Candidat à sa propre succession à l'élection municipale de Nice, Christian Estrosi a été nettement distancé par Eric Ciotti lors du 2e tour ce dimanche 22 mars avant d'annoncer son retrait de la vie politique.

Selon les résultats complets publiés sur le site du ministère de l'Intérieur, Christian Estrosi s'est incliné avec 37,20% des voix dans son duel contre Eric Cioti. Ce dernier est annoncé maire de Nice à 48,54% des voix. L’écologiste Julienne Chesnel-Le Roux terminerait troisième de la triangulaire, avec 14,26% des voix.

Christian Estrosi, pas réélu à Nice, aurait annoncé quitter la politique à ses proches selon BFM TV. Il ne siègerait pas au conseil de Nice et aurait la volonté de s’occuper désormais de sa famille. S’adressant à la presse locale à la sortie de son QG à Nice, après avoir annoncé son retrait de la vie politique, le futur ex-maire aurait lancé selon BFM TV : “vous n'avez plus de boucs émissaires, vous allez vous emmerder !".

Peu après sa défaite, Christian Estrosi avait pris la parole devant ses fidèles. "Chers amis, chers concitoyens, je vous avais promis une remontada. Nous en avons fait plus de la moitié mais cela n’a pas été suffisant. Ce soir je m’adresse à vous avec une émotion profonde mêlée de gravité et de gratitude. Vous avez choisi de confier l’avenir de Nice, à une nouvelle équipe. Je respecte ce choix. C’est la démocratie, a-t-il jugé. "Au delà d’une élection, il n’y a qu’une seule ville et je serai rassembleur jusqu’au dernier moment. Avoir été votre maire fut l’honneur de ma vie, un engagement de chaque instant et une responsabilité immense", a-t-il poursuivi.

"Pendant ces années, j’ai essayé avec ma conviction et tout mon cœur de servir chacun d’entre vous. J’ai partagé vos joies, vos inquiétudes, vos espoirs et j’ai entendu battre le cœur vivant de notre ville à travers chacun de nos visages. "Qui peut dire que nous n’avons pas transformé Nice ? Qui peut nier le bond en avant ? On ne mesure pas un mandat au résultat d’un soir mais à l’empreinte qu’il laisse dans le cœur d’une ville. Cette campagne n’a pas été à la hauteur de ce que nous avons été. Seul l’avenir jugera. Cette campagne restera comme celle où la gauche a passé une alliance objective avec le RN. Le front républicain est mort ce soir à Nice. On se souviendra toujours qu’il est mort ici", a jugé le maire battu.

Au premier tour, selon les résultats communiqués par le ministère de l’Intérieur, le chef de file de l’Union des droites pour la République allié au Rassemblement national Éric Ciotti pointait en tête avec 43,43 % des voix, suivi par le maire sortant de Nice Christian Estrosi (30,92 %). L’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, porteuse d’une liste de la gauche unie (hors LFI), enregistrait 11,93 % des voix, suffisamment pour se maintenir au second tour.

La campagne de ces municipales à Nice a tourné au duel Estrosi-Ciotti. Pendant près de trente ans, Christian Estrosi et Éric Ciotti ont tout partagé. Leur histoire a débuté en 1988, quand le jeune Ciotti, fraîchement diplômé de Sciences Po, a renoncé à l'ENA pour faire campagne aux côtés de Christian Estrosi, alors candidat aux législatives. Il est devenu son attaché parlementaire, puis son chef de cabinet, son premier adjoint à la mairie de Nice. "Christian Estrosi avait une confiance énorme, aveugle on pourrait dire, en Éric Ciotti", a raconté à Ouest-France Jean-Baptiste Forray, auteur de l'ouvrage Frères ennemis de la côte. 

La rupture s'est amorcé en 2015, quand Christian Estrosi a appelé le front républicain contre le FN, alors qu'Eric Ciotti estimait qu'il y avait "un couloir à prendre à la droite de Christian Estrosi". Le divorce a été consommé en 2017 lorsque Christian Estrosi se rapproche de Macron. Les deux hommes se sont affrontés sans merci pour la mairie de Nice, chacun accusant l'autre de trahison. Pour Jean-Baptiste Forray, leur rivalité est "l'allégorie de cette droite coupée en deux qui ne sait plus vraiment où elle habite".