Résultat des sondages des municipales : à Paris, Lyon et ailleurs, des surprises et des remontadas ?
Plusieurs sondages sur les élections municipales 2026 ont été dévoilés cette semaine, avant le début de la période de réserve. Voici un rappel des résultats.
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Le 2e tour des municipales pourrait bien surprendre beaucoup de monde. Les sondages à Paris, Lyon, Toulouse et autres points chauds montraient cette semaine, avant le début de la période de réserve, que tous les candidats pouvaient légitimement croire en une victoire. Pourquoi ? Parce que le jeu des désistements, des fusions et les dynamiques de 2e tour ont manifestement eu un impact sur les intentions de vote du 2e tour des municipales.
Pour le mesurer, utilisez notre moteur de recherche ci-dessous. Attention, ces sondages rappelés ici ont donné des éléments d'informations à un instant-T, avant la fin de la campagne, ils ne sont en aucun cas des prédictions sur le scrutin ni des éléments présentant des tendances sur les résultats de ce dimanche 22 mars.
- On distingue plusieurs types de sondages. Caertains ont été faits entre les deux tours, comme à Paris (Grégoire devant), à Toulouse (Moudenc devant), au Havre (Philippe devant), à Lyon (Doucet et Aulas à égalité) et à Marseille (Payan devant)
- Mais certaines de ces études ont été réalisées par divers instituts avant le premier tour des élections municipales. De facto, ils ne prennent pas en compte les dynamiques d'entre deux-tours ni les percées significatives de certains candidats lors du premier scrutin.
- Tous les sondages ont été faits et publiés avant le début de la période de réserve du 2e tour.
Découvrez ci-dessous les derniers sondages sur le deuxième tour des élections municipales
Sondages des municipales 2026
Intentions de vote - Grandes Métropoles
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Source : Agrégation des derniers sondages (Mars 2026)
Consultez les notices sur commission-des-sondages.fr
Comment expliquer l’interdiction autour des sondages la veille et le jour du scrutin ?
Depuis minuit et jusqu’à demain soir, les règles autour des sondages sont claires. Leur publication et leur diffusion sont impossibles. "Parce que les sondages ne sont pas neutres et qu’ils peuvent avoir une influence sur la dynamique des candidats", pointe notamment le site Vie-publique. Il faudra patienter jusqu’à 20h ce dimanche pour avoir une idée de l’issue du scrutin.
Qu'est-ce que la "notice technique" obligatoire pour chaque sondage ?
Chaque sondage publié pour les municipales 2026 doit faire l'objet d'un dépôt de notice auprès de la Commission des sondages. Ce document est la "carte d'identité" scientifique de l'enquête. Il comprend : la méthode d'échantillonnage, les redressements effectués (pour corriger la surreprésentation de certains profils), la date des interviews et, surtout, les marges d'erreur. Si un candidat est crédité de 51 % avec une marge d'erreur de 3 points, il est réglementairement impossible de dire qu'il est "élu au premier tour". La notice doit être consultable gratuitement par tout citoyen. Cette obligation permet de vérifier que l'institut n'a pas posé de questions orientées (ex: "Approuvez-vous l'action du maire ?" juste avant la question sur l'intention de vote).
Qui contrôle les sondages sur les municipales ?
Le cadre juridique des sondages en France repose sur la loi du 19 juillet 1977, profondément modifiée en 2016. Un sondage est défini comme une enquête statistique visant à donner une indication quantitative, à une date déterminée, des opinions ou comportements d'une population. Pour garantir l'objectivité et la qualité de ces prévisions, la Commission des sondages assure une surveillance permanente. Présidée par Jean Gaeremynck et composée de membres du Conseil d’État, de la Cour de cassation et de la Cour des comptes, elle vérifie que les instituts respectent les principes de représentativité de l'échantillon et d'impartialité des questions. Elle impose également le dépôt d'une notice technique détaillée pour chaque enquête publiée, accessible à tout citoyen sur son site officiel.
Les partis déclarent-ils les achats des sondages aux municipales ?
Le coût d'un sondage commandé par un candidat doit obligatoirement figurer dans son compte de campagne. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) collabore avec la Commission des sondages pour s'assurer que les montants déclarés correspondent aux prix du marché. Si un institut facture un sondage 1 euro à un candidat ami, la CNCCFP réintégrera la valeur réelle du service comme un don (plafonné à 4 600 € pour les particuliers et interdit pour les entreprises). Un sondage "oublié" dans le compte de campagne ou sous-évalué peut mener à l'inéligibilité de l'élu. Les sondages sont donc autant un outil d'opinion qu'une pièce comptable majeure du scrutin.
Pourquoi y a-t-il si peu de sondages pour les petites communes ?
La rareté des enquêtes dans les villes de moins de 10 000 habitants s’explique par des raisons méthodologiques et financières. Pour qu’un sondage soit statistiquement fiable, l’institut doit interroger un échantillon représentatif (généralement entre 600 et 1 000 personnes). Dans un village ou une petite ville, interroger une telle proportion de la population est extrêmement coûteux et complexe. De plus, la méthode des quotas (sexe, âge, profession) est difficile à appliquer sur de petits volumes. Réglementairement, la Commission des sondages n’interdit pas ces enquêtes, mais elle est particulièrement vigilante sur la « représentativité » déclarée : un sondage sur un échantillon trop faible peut être jugé trompeur et faire l’objet d’une mise au point immédiate.
Qui finance les sondages des municipales 2026 ?
Le financement est un pilier de la transparence. La loi impose que le nom du commanditaire soit systématiquement mentionné lors de toute publication. Il peut s’agir d’un média (presse, TV), d’un parti politique ou d’un candidat. Cependant, l’article L. 52-1 du Code électoral interdit formellement à une commune d'utiliser les fonds publics (le budget de la mairie) pour financer un sondage ayant un caractère de propagande électorale ou visant à valoriser le bilan du maire sortant s'il est candidat. Tout manquement peut entraîner le rejet du compte de campagne du candidat bénéficiaire. La Commission des sondages vérifie que les instituts ne pratiquent pas de tarifs préférentiels qui pourraient être assimilés à des dons déguisés.
Sondage à Paris : Dati ou Grégoire ?
SONDAGE D'ENTRE-DEUX-TOURS - Dans la capitale, l'affrontement entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire cristallise deux visions opposées du quotidien des Parisiens. Si Rachida Dati (44%) semble bénéficier d'une dynamique d'union de la droite et du centre (LR, Horizons, MoDem), Emmanuel Grégoire (46%) pourrait bénéficier de sa dynamique créée avant le premier tour et remporter l'élection de 2e tour selon le dernier sondage Ifop Fiducial pour Paris Match et Sud Radio du 19 mars. L'enjeu majeur réside dans le score de Sophia Chikirou (LFI, donnée à 10%).
Sondage à Marseille : Payan face à la vague RN
SONDAGE D'ENTRE-DEUX-TOURS - Benoît Payan est donné largement en tête avec 53 % d’intentions de vote. Derrière lui vient Franck Allisio avec 39 % des voix et enfin la candidate des Républicains Martine Vassal avec seulement 8 % des votes, selon un sondage Cluster 17 pour Politico publié le 20 mars.
Sondage à Lyon : égalité parfaite
SONDAGE D'ENTRE-DEUX-TOURS - Les deux candidats, Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, sont donnés tous les deux à 50% d'intentions de vote par le sondage OpinionWay pour LyonMag du 20 mars.
Sondage à Toulouse : un duel extrêmement serré, LFI donné perdant
SONDAGE D'ENTRE-DEUX-TOURS - Un sondage Ifop-Fiducial publié le 19 mars, pour la Dépêche du Midi et Sud Radio, donne une très légère avance à Jean-Luc Moudenc, crédité de 51% des intentions de vote et François Piquemal à 49%. Un écart qui reste dans la marge d’erreur.
Sondage au Havre : Edouard Philippe donné gagnant
SONDAGE D'ENTRE-DEUX-TOURS - Edouard Philippe est crédité de 47% des intentions de vote par le sondage Cluster 17 pour Politico. L’ancien Premier ministre bénéficie de 8 points d'avance sur son adversaire principal, Jean-Paul Lecoq, candidat de la gauche (39%).
Sondage à Bordeaux : énorme incertitude
Le sondage Cluster 17 réalisé avant le 1er tour affichait une égalité parfaite (50-50) entre le maire écologiste Pierre Hurmic et le candidat de lu camp présidentiel Thomas Cazenave. Le maire sortant, arrivé en tête au premier tour, apparaît toutefois en difficulté. Le refus de fusion du centriste Philippe Dessertine (20% au premier tour) crée un immense réservoir de voix indécises.
Sondage à Nice : la guerre des chefs azuréens
À Nice, le duel fratricide entre Éric Ciotti et Christian Estrosi a tourné à l'avantage du premier dimanche dernier. Avec 45% des intentions de vote au 2e tour, Éric Ciotti, allié au RN, semble en passe de détrôner son ancien mentor. Christian Estrosi (33%), bien que soutenu par le bloc central et LR, paie l'usure du pouvoir et une fracture nette avec une partie de son électorat de droite traditionnelle qui semble s'être radicalisé. La candidate de l'union de la gauche, J. Chesnel-Le Roux (22%) a choisi de se maintenir.
Sondage à Montpellier : la gauche fracturée mais dominatrice
Michaël Delafosse semble filer vers une victoire solide avec 45% d'intentions de vote, illustrant la résistance d'un socialisme municipal ancré. Sa stratégie de rupture avec La France Insoumise semble porter ses fruits. Face à lui, le milliardaire Mohed Altrad (33%) peine à transformer sa réussite entrepreneuriale en dynamique politique. Nathalie Oziol (LFI, 22%) maintient un score élevé qui témoigne de la force du courant mélenchoniste dans la ville.
Sondage à Toulon : La digue républicaine face à l'assaut RN
Toulon reste l'un des enjeux les plus symboliques pour le Rassemblement National, qui rêve de reconquérir la ville trente ans après sa victoire de 1995. Cependant, Josée Massi (DVD, 53%) semble en mesure de conserver son fauteuil grâce à un front républicain qui s'est formé dès le lendemain du premier tour. Le retrait de Michel Bonnus qui a appelé sans ambiguïté à faire barrage au RN, offre une réserve de voix cruciale à la maire sortante. Laure Lavalette (RN, 47%) reste en capacité de gagner.